Avec le congrès Woodrise, Bordeaux veut s'imposer comme la capitale du bois

CONSTRUCTION Bordeaux accueille à partir de ce mardi le premier congrès international dédié à la construction en bois dans les immeubles de moyenne et grande hauteur...

Mickaël Bosredon
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Projet de tour en bois Hyperion dans le quartier Euratlantique à Bordeaux
Projet de tour en bois Hyperion dans le quartier Euratlantique à Bordeaux — Jean-Paul Viguier&associés
  • Le congrès Woodrise va réunir tous les professionnels de la filière pendant quatre jours à Bordeaux.
  • La ville se distingue avec notamment les projets des deux tours d'habitation en bois les plus hautes de France.

La « planète bois » a rendez-vous à Bordeaux à compter de ce mardi, et jusqu'à vendredi. Tous les acteurs de la filière - architectes, constructeurs, aménageurs, promoteurs - se retrouveront pour participer à la première édition de « Woodrise », qui sera consacrée aux immeubles moyenne et grande hauteur. « On souhaite que cet événement devienne un peu le Mipim - marché international des professionnels de l'immobilier - du bois », indique Patrick Molinié, qui porte le projet Woodrise pour le FCBA, l'Institut technologique Forêt, Bois, construction et ameublement.

Bordeaux s'est imposée comme une évidence pour accueillir cette première édition. Le quartier Euratlantique accueillera en effet prochainement les deux plus hautes tour d'habitation en bois de France, Hyperion (57 m) et Silva (50 m), construites par Eiffage et Kaufman & Broad, ainsi que le plus grand immeuble tertiaire en bois (30 m de hauteur), Perspective, construit par Pichet. Sur l’ensemble du périmètre Bordeaux-Euratlantique, l’Etablissement Public d’aménagement (EPA) s’est engagé à construire 25.000 m² par an en structure interne bois.

« La mixité des matériaux, incluant le bois, est en train de s'imposer »

« Ce que l'on voit à Bordeaux, on le retrouve un peu partout dans le monde, il y a une véritable effervescence autour de la question de la construction en bois, explique Patrick Molinié, et c'est ce qui nous a motivé à organiser ce congrès. » Selon le FCBA le mouvement autour de la construction en bois a été entamé en 2009, après les travaux du grenelle de l'environnement, et il s'est accentué depuis la COP21, avec la question des matériaux bas carbone. « La filière a alors lancé un plan national pour proposer des solutions techniques. Eiffage, Bouygues, Vinci... Tous les constructeurs ont intégré des unités bois, les promoteurs sont présents aussi. »

Bien sûr, le bois reste dans son utilisation très en deça du béton. Il représente 3 à 10 % du marché en fonction des usages. « Mais la mixité des matériaux dans la construction - incluant le bois - est en train de s'imposer. » L'industrie du bois, notamment en Nouvelle-Aquitaine, s'est adaptée pour répondre à la demande. « Là où l'on ne faisait que du lamellé-collé, des panneaux ou du bois massif, il y a eu des investissements pour créer des unités CLT - panneaux de bois lamellé croisé - par exemple, on a créé de l'innovation. » Et de l'emploi.

Un risque incendie « pas plus élevé » avec le bois

Concrètement, le bois présente comme avantages sa légèreté et son isolation « naturelle », et propose des solutions de « filière sèche », c'est-à-dire de chantier non polluant, grâce notamment au pré-fabriqué. Quant au risque incendie, « il n'est pas plus élevé avec le bois qu'avec un autre matériau, assure Jean-Marie Gaillard du FCBA. Le bois doit répondre aux même réglementations que tous les autres matériaux, on évitera juste d'utiliser des isolants en polystyrène avec le bois, et on privilégiera les isolants minéraux. »

Reste le prix, très souvent encore légèrement supérieur de 5 % à 8 % par rapport à un autre matériau, notamment dans la construction d'immeubles. « Les entreprises vont se structurer pour gommer les surcoûts liés à l'innovation », assure Patrick Molinié.