Bordeaux: L’étude sur la vaisselle en plastique des cantines est loin de rassurer les parents

SANTE La mairie de Bordeaux vient de rendre publiques des analyses sur la vaisselle en plastique de ses cantines. Le collectif des parents d’élèves qualifie les résultats de partiels et s’inquiète de plusieurs éléments comme la présence de bisphénol A…

Elsa Provenzano

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Bordeaux, 18 decembre 2012. - Cantine scolaire self-service de l'ecole elementaire Anatole France a Bordeaux. - Photo : Sebastien Ortola
Bordeaux, 18 decembre 2012. - Cantine scolaire self-service de l'ecole elementaire Anatole France a Bordeaux. - Photo : Sebastien Ortola — S. ORTOLA / 20 MINUTES
  • La mairie a commandé des analyses, contestées par les parents d’élèves ( qui avaient demandé le lancement d'études) et l’opposition.
  • Une association nationale va être créée autour de cette problématique de la vaisselle en plastique, suspectée de dégager des perturbateurs endocriniens, dans les restaurations collectives.

« Les résultats démontrent que, malgré les altérations dues à l’usage, cette vaisselle conserve ses capacités initiales sans éléments de nature à porter atteinte à la santé des utilisateurs », conclut de façon rassurante la mairie de Bordeaux vendredi soir dans un communiqué. Cette interprétation des résultats des analyses biologiques et chimiques menées sur cette vaisselle en plastique, utilisée depuis le début de l’année au lieu de celle classique, en verre trempé, n’est pas partagée par le collectif de parents d’élèves « Cantine sans plastique ».

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Celui-ci avait demandé des analyses pour évaluer la nocivité des matériaux nouvellement utilisés dans la restauration scolaire, proposant, avec l'appui de Jean François Narbonne, professeur de Toxicologie, des éléments pour établir un protocole. « Nous n’avons pas eu de retour et nous n’avons pas validé de protocole », déplore Anne-Sophie Moussa, membre du collectif et docteur en pharmacie. Elle note qu’il manque le volet bactérien à ces analyses, en plus des volets chimique et biologique et que certains pans de l’étude n’ont pas été menés jusqu’au bout. « On fait croire qu’on va mener une concertation et on ne nous écoute pas, c’est dommage de ne pas aller au bout de la démarche ».

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Du bisphénol A dans la vaisselle

Mauvaise surprise pour les parents d’élèves, on retrouve du bisphénol A, dont la présence est pourtant interdite, dans l’analyse chimique. « Sur les assiettes neuves on voit qu’il y a 3 microgrammes par kilo et au bout de 6 mois, puisqu’il s’agissait d’évaluer l’effet du vieillissement sur les assiettes, on voit que cela passe à 1 microgramme par kilo. Il y a donc eu une perte, une migration vers l’extérieur », argumente Anne-Sophie Moussa. Le laboratoire conclut pour sa part que la migration spécifique du bisphénol A est inférieure à la limite fixée par le règlement européen en la matière.

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Le bisphénol S, dont on sait que le pouvoir perturbateur endocrinien est plus fort que celui du bisphénol A, n’a, lui, pas été mesuré, regrettent les parents d’élèves, et le groupe d’opposition municipal EELV. Celui-ci rappelle également les recommandations très claires de l’agence régionale de santé (ARS) en matière de choix de vaisselle : « Privilégier pour la cuisson, la remise en température et le service la vaisselle en verre, en inox ou en porcelaine qui sont des matériaux simples, non identifiés comme sujet aux migrations moléculaires dans les aliments », écrit-elle dans son guide destiné aux professionnels de la petite enfance.

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Toute la restauration collective est concernée 

Les résultats ont été mis en ligne par la ville de Bordeaux sur son site et un SMS a été envoyé à tous les parents d’élèves pour les avertir de cette parution. « Il n’y a pas d’interprétation de ces résultats qui sont illisibles pour plus de 90 % des parents », regrette Anne-Sophie Moussa.

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Le collectif attend de pouvoir discuter de ces résultats avec la Ville. Il est intervenu ce week-end lors du festival Climax avec des collectifs d’autres villes pour aborder ce sujet de santé publique. Une association nationale, porté notamment par ce collectif, devrait voir le jour, faisant valoir qu’au-delà des cantines, toutes les restaurations collectives sont concernées (maisons de retraite, hôpitaux, crèches, restauration d’entreprises etc.)