Bordeaux: Le choix Wauquiez de la juppéiste Virginie Calmels a du mal à passer

POLITIQUE Virginie Calmels, bras droit d'Alain Juppé, a décidé de s'allier à Laurent Wauquiez. Un choix qui marque la fin de la belle histoire avec le maire de Bordeaux?...

Mickaël Bosredon

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Virginie Calmels et Laurent Wauquiez, le 3 septembre 2017
Virginie Calmels et Laurent Wauquiez, le 3 septembre 2017 — PHILIPPE DESMAZES / AFP

Depuis samedi et son annonce de ralliement à Laurent Wauquiez - candidat à la présidence du parti Les Républicains -, Virginie Calmels est la cible de nombreuses critiques sur les réseaux sociaux, notamment de la part de Juppéistes.

Lundi soir, c’est l’émission Quotidien sur TMC qui a moqué cette alliance, lorsqu’un journaliste a demandé à la première adjointe d’Alain Juppé : « Votre veste, à force de la retourner, elle ne craque pas trop ? »

Il faut dire qu’entre la politique d’ouverture prônée par Alain Juppé, et la ligne de Laurent Wauquiez plus à droite, il y a un monde. Même si, assure Virginie Calmels, « aucune ligne rouge n’est franchie » par le président LR de la région Auvergne-Rhône-Alpes. On peut toutefois s’interroger sur la stratégie de la « Dame de faire » et surtout son avenir auprès d’Alain Juppé et à Bordeaux.

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Un plan d’action bien préparé

Elle s’était installée à Bordeaux en 2014 avec un plan d’action bien préparé. Elle aiderait Alain Juppé à accéder à la présidence de la République en lui ouvrant son précieux carnet d'adresse de chefs d’entreprises. Une fois élu, Juppé l’installerait à la tête de la mairie de Bordeaux. Pour cela, il la propulse première adjointe, et impose sa candidature aux élections régionales - qu'elle perdra - en Nouvelle-Aquitaine, en 2015. Mais rien ne s’est passé comme prévu pour Virginie Calmels.

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D’abord, Juppé n’a même pas passé le stade de la primaire de la droite, fin novembre 2016. Dès le 29 novembre, Virginie Calmels lâchait : « Je suis Fillon-compatible. » Elle participe ensuite activement à la campagne du vainqueur de la primaire, avant de finir par le lâcher lorsque la pression judiciaire se fait trop forte sur le candidat des Républicains.

« Vous êtes toujours juppéiste, Virginie ? »

Pendant ce temps, la belle histoire avec Alain Juppé à Bordeaux connaît des ratés. En amont d’un conseil municipal, le 6 mars 2017, Alain Juppé devant plusieurs de ses conseillers, lui demande : « Vous êtes toujours juppéiste, Virginie ? »

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L’annonce du ralliement de la première adjointe de Juppé à Laurent Wauquiez marque-t-elle définitivement la fin de cette histoire ? « Je lui ai dit ce que j’en pensais » a lâché ce mardi matin Alain Juppé.

« Elle a compris que la mairie de Bordeaux pour elle, c’était fini »

Dans le clan Juppé à Bordeaux, on raille ce ralliement. C’est « une décision surprenante sur le fond, estime Nicolas Florian, secrétaire général LR en Gironde, dans les colonnes de Sud Ouest. Après, je pense qu’elle y réfléchissait. Mais c’est une surprise car c’est aux antipodes des idées de Juppé. Elle s’émancipe, reprend sa liberté sans pour autant dire que c’est une trahison puisqu’elle avait déjà créé son propre parti Droite Lib’. Mais sa démarche est étonnante. »

« La greffe n’a pas pris à Bordeaux, et elle n’est pas assez présente à la région », dit un élu local. « Elle a compris que la mairie de Bordeaux pour elle, c’était fini. Elle tente un destin au niveau national » assure pour sa part un élu juppéiste.

Alain Juppé devrait annoncer en janvier 2019 s’il se représente ou pas aux prochaines municipales. D’ici là, on regardera attentivement le chemin emprunté par Virginie Calmels. Notamment au sein du parti Les Républicains en cas de victoire de Laurent Wauquiez.