Bordeaux: Les écologistes alertent Alain Juppé sur la pollution des navires de croisière

ENVIRONNEMENT Alors que de plus en plus de paquebots de croisière font escale à Bordeaux, le groupe Les Verts a écrit au maire Alain Juppé pour l'alerter sur la pollution de ces navires...

Mickaël Bosredon

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Paquebot de croisière passant sous le pont Chaban-Delmas, le 13 juin 2017 à Bordeaux
Paquebot de croisière passant sous le pont Chaban-Delmas, le 13 juin 2017 à Bordeaux — M.Bosredon/20Minutes
  • Cinquante-trois navires de croisière vont faire escale cette année à Bordeaux, dont 14 rien qu’en septembre.
  • Si cette activité génère des retombées économiques, elle est aussi source de pollution de la part de ces navires.

Star des palmarès sur sa qualité de vie et son offre touristique, Bordeaux accueille depuis quelques années de plus en plus de paquebots de croisière. Cinquante-trois navires vont y faire escale en 2017, dont 14 rien que pour ce mois de septembre. Le Silver Muse, un paquebot de 213 m de long qui peut accueillir 596 passagers, accostera ainsi dans le port de la Lune le 6 septembre prochain.

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Une situation qui inquiète le groupe écologiste du conseil municipal de Bordeaux. Pierre Hurmic, son président, vient ainsi d’écrire au maire Alain Juppé (LR), rappelant qu’il avait déjà alerté du risque de pollution généré par ces paquebots, il y a deux ans.

Des moteurs 3.500 fois plus chargés en soufre que ceux des automobiles diesel

« Vous n’êtes pas sans savoir que la pollution de l’air provoquée par le fioul lourd et le fioul marin utilisés par ces paquebots a un impact majeur sur notre santé. Contrairement à ce que nous avait répondu Mme Walryck l’année dernière, aucune étude ciblée sur celle pollution particulière n’a été réalisée par I’AIRAQ [aujourd’hui ATMO-Nouvelle-Aquitaine]. Il nous semble urgent que vous sollicitiez notre agence de surveillance de la qualité de l’air afin de réaliser une campagne de mesures spécifiques de celle pollution », estime le président des écologistes.

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Ces paquebots continuent en effet à faire tourner leurs moteurs pendant l’escale, pour couvrir leurs besoins. Or ces moteurs utilisent un fioul 3.500 fois plus chargé en soufre que le diesel de nos automobiles.

3,6 millions d’euros de retombées économiques

En 2016, la municipalité avait effectivement indiqué qu’elle lancerait une étude sur le sujet. Elle étudiait même la possibilité d’alimenter ces navires via des générateurs au gaz naturel, dont les émissions sont beaucoup moins polluantes que le fioul.

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En 2014, les retombées économiques liées au passage des 26.000 à 28.000 croisiéristes, étaient estimées à 3,6 millions d’euros.