Avec un don de 50 euros, devenez propriétaire d’un château en Dordogne où a joué de Funès

PATRIMOINE L’association Adopte un château a lancé une campagne de financement participatif qui rendra les contributeurs propriétaires d’une part du château de Paluel, dans le but de sauver cet édifice du XVe siècle…

Elsa Provenzano

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Le château de Paluel a été édifié au 15 e siècle.
Le château de Paluel a été édifié au 15 e siècle. — Adopte un château
  • Le château de Paluel va être vendu aux enchères et une association de sauvegarde du patrimoine propose à des particuliers d’en devenir propriétaires, avec un don minimal de 50 euros.
  • Si l’objectif de 500.000 euros est atteint, l’association veut rénover l’édifice et lui donner une vocation touristique.
  • La structure pense à y installer le musée Louis de Funès, puisque l’acteur s’y rend dans une des scènes du film Le Tatoué, sorti en 1968.

L’ancien propriétaire du château de Paluel, situé près de Sarlat en Dordogne, l’a acheté en 2007 et n’y a pas fait de travaux en dix ans. L’édifice érigé au XVe siècle est à présent en ruine, comme le disait déjà Louis de Funès, dans le film Le Tatoué sorti en 1968.

Un sort auquel l’association Adopte un château, qui œuvre pour la sauvegarde du patrimoine historique, ne se résigne pas. Elle vient de lancer une campagne de financement participatif dont l’objectif est d’atteindre 500.000 euros pour racheter le château, qui sera vendu aux enchères le 21 septembre prochain au tribunal de grande instance de Bergerac. « Cela démarre très fort puisqu’en trois jours, on a déjà réuni plus de 16.000 euros », se réjouit Julien Marquis, délégué général de l’association.

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Sauver le château qui tombe en ruine

Si la structure est familière des financements participatifs pour sauvegarder des édifices historiques, c’est la première fois que les donateurs en deviendront propriétaires. « Ce seront les actionnaires d’une structure à but non lucratif, précise Julien Marquis. Et les décisions sur son avenir seront prises démocratiquement. » Si l’objectif de 500.000 euros n’est pas atteint, les donateurs seront remboursés.

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L’association ne tient pas à racheter absolument le château mais elle s’inquiète de l’absence de repreneur pour le moment et redoute aussi qu’en achetant un domaine de 36 hectares, sur lequel se trouvent des habitations, un repreneur potentiel délaisse l’édifice, en état de péril avancé. Elle se dit prête à accompagner un candidat sérieux qui se manifesterait car la préoccupation des bénévoles de la structure est avant tout de sauver le château.

Elle a jeté son dévolu sur Paluel et décidé d’innover en proposant un financement participatif qui permet aux donateurs de devenir propriétaires, car l’édifice est un « coup de cœur », raconte Julien Marquis, qui assure que tous les amoureux le connaissent. « Il date du XVe siècle et a été peu modifié, explique-t-il. C’est vraiment un château emblématique du Périgord et assez extraordinaire ».

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Si l’association réussit son pari, elle aura pour priorité de sécuriser les lieux les plus en péril et de donner une seconde vie au lieu, à moyen terme. « On sait que le musée de Louis de Funès vient de fermer, or l’édifice est un lieu emblématique de la carrière de cet acteur », glisse le délégué général. Et le domaine pourrait aussi acquérir une vocation touristique en accueillant gîtes et chambres d’hôtes.

D’autres projets en France

Sur les 35.000 châteaux existants en France, 600 sont en péril et l’association estime que ce chiffre va être multiplié par dix, d’ici dix ans. « Au XIXe siècle, il n’y a pas eu de travaux importants sur les châteaux, mis à part les grands édifices, et on atteint un point de rupture après deux siècles sans rénovations d’ampleur », estime Julien Marquis. Les propriétaires privés de ces demeures hors normes doivent aussi faire face à des contraintes assez lourdes imposées par les monuments historiques et à la diminution des aides de l’Etat.

Ainsi dans la Nièvre, un couple Suisse a racheté le château du Vieux Moulin et a découvert après l’achat que le bois était attaqué par la mérule. L’association les aide à récolter des fonds pour acheter les matières premières qui vont leur permettre de mener à bien la rénovation malgré ces champignons. Dans le château de Pisy, dans l’Yonne, c’est un projet d’incubateur de start-up qui a été retenu pour donner une seconde vie au site.