Bordeaux: Les livreurs à vélo de Deliveroo manifestent ce dimanche

SOCIÉTÉ Ils s’insurgent notamment contre le nouveau calcul des salaires…

Journaliste afp

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Les livreurs protesteront aussi lundi.
Les livreurs protesteront aussi lundi. — JACQUES DEMARTHON / AFP
  • Les coursiers seront désormais tous payés à la course.
  • Cela représente un manque à gagner de 30 % pour certains.

« Ce dimanche 28 août, les contrats des plus anciens arrivent à leur terme et s’ils veulent rester, ils vont devoir en signer de nouveaux », explique Sara Zerouali, coursière Deliveroo engagée dans la section CGT qui défend les droits des livreurs à vélo.

Dans ces contrats qui s’achèvent, il était stipulé que le livreur était payé 7,50 euros à l’heure. A cela s’ajoutait le prix des courses, allant de 2 à 4 euros. Seulement, depuis août dernier, la politique de l’entreprise de livraison à domicile a changé : « Maintenant, les nouveaux sont rémunérés 5 euros par course ». C’est d’ailleurs le cas de Sara qui s’est engagée en novembre 2016. « Avec cette nouvelle règle, le temps de connexion ou le temps d’attente devant le restaurant ne sont plus pris en compte… on perd de l’argent ».

Un manque à gagner de 30 %

Selon la jeune femme, Deliveroo affirme que 90 % des coursiers auraient volontairement choisi cette option du salaire à la course. Mais elle affirme que c’est faux : « Si les anciens contrats veulent être renouvelés, ils n’auront pas d’autre option. Du coup, beaucoup envisagent de partir parce que ça représente un manque à gagner de 30 % pour certains ».

Sara et ses camarades de la section CGT des coursiers à vélo invitent tous les livreurs mais aussi « les clients et les restaurateurs » à se joindre à eux ce dimanche à 18 heures place de la Victoire. Une autre manifestation aura lieu lundi à 15 heures à Gambetta. Ils demandent le retour au salaire à 7,50 euros horaire et un minimum de deux courses par heure.

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Une hausse du nombre de coursiers

Le syndicat espère ainsi se faire entendre d’autant que selon Sara Zerouali, Deliveroo ne se contente pas seulement de baisser les salaires : « Les deux prochaines semaines, ils ont doublé le nombre de coursiers sur le planning ». Qu’est-ce que ça signifie ? « Avec 50 coursiers pour 100 commandes, chacun en ferait deux et gagnerait donc 10 euros. Là, s’il y a 100 coursiers on va être payés 5 euros de l’heure. C’est catastrophique ! »

L’entreprise justifie cette décision par l’afflux de commandes qui risque d’arriver avec la rentrée scolaire. Mais les livreurs attendent de voir si cette mesure ne se prolonge pas au-delà : « On n’a pas encore accès au planning pour la semaine d’après ».

Planning différé

Un autre aspect préoccupe le syndicat : « Maintenant on a accès au planning en fonction de nos statistiques ! C’est-à-dire que si on est un coursier qui travaille beaucoup, on va pouvoir le visualiser tout de suite pour s’y inscrire. Pour ceux qui ne travaillent pas régulièrement, ça veut dire qu’il faut attendre que les autres aient déjà choisi leurs créneaux ».

Les dégradations successives des conditions de travail ont récemment poussé pas mal de coursiers à renoncer. Sara Zerouali, elle, préfère continuer à se battre : « On veut lutter contre ces dérives qui touchent de plus en plus de secteurs et on voudrait un système d’encadrement ». Et si la livreuse ne baisse pas les bras, c’est aussi parce qu’elle sait que la lutte peut payer : « Il y a quelques mois on a obtenu le droit de ne plus porter les vêtements Deliveroo ou le cube. On peut maintenant livrer avec notre propre sac isotherme ».

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