Gironde: Des études acoustiques pour mesurer que les TGV... font bien du bruit

ENVIRONNEMENT Plusieurs habitants de Marsas, en Gironde, se plaignent du niveau sonore lors des passages du TGV sur la nouvelle ligne Tours-Bordeaux…

Mickaël Bosredon
— 
Le nouveau TGV Oceane, le 7 décembre 2016 à Bordeaux
Le nouveau TGV Oceane, le 7 décembre 2016 à Bordeaux — SNCF
  • La réglementation impose au concessionnaire, Lisea, un niveau sonore inférieur à 60 dB en moyenne par jour
  • Les habitants de Marsas se plaignent, eux, des pics sonores lors des passages des TGV

Ce sont les grands perdants de la mise en circulation de la ligne à grande vitesse (LGV) entre Tours et Bordeaux, le 2 juillet dernier. Les habitants de plusieurs communes traversées par la nouvelle ligne subissent désormais le passage quotidien de 60 trains dans les deux sens, à 320 km/h, et les nuisances sonores qui vont avec.

>> A lire aussi : Ouverture de la LGV: «Je suis venu passer la journée à Bordeaux», témoigne un Parisien

C’est particulièrement le cas dans le village de Marsas (Gironde) où plusieurs riverains se situent à moins de 100 mètres du tracé. Une vingtaine d’habitants s’est réunie mercredi pour interpeller le concessionnaire de la ligne, Lisea. Une rencontre est prévue ce vendredi en mairie. Le maire de Marsas a, par ailleurs, lancé une pétition pour demander « une étude acoustique sur un an et une protection efficace contre le bruit et les vibrations. »

Mesures acoustiques en conditions réelles

Lisea a annoncé de son côté que des mesures acoustiques en conditions réelles seront effectuées, dès le mois de septembre, sur une centaine de points le long de la ligne, dont Marsas. Ce jeudi, le concessionnaire de la ligne organisait une conférence de presse pour tenter de déminer la situation.

>> A lire aussi : Pause imposée pour la LGV Bordeaux-Toulouse dont l'arrivée en 2024 est plus que compromise

« Des études acoustiques ont été réalisées en amont du projet, en simulant ce que serait le trafic d’ici à 2036 (soit 125 trains par jour), explique Hervé Le Caignec, président de Lisea. Sur ces modèles, nous avons dimensionné un certain nombre d’ouvrages et de protections acoustiques, via des merlons ou des écrans. Nous allons maintenant effectuer une vérification sur le terrain avec la véritable circulation des trains. »

« Notre objectif reste d’être en dessous du seuil de 60 dB en moyenne par jour »

Ce que Lisea va vérifier, c’est si le niveau sonore respecte bien la réglementation, à savoir s’il ne dépasse les 60 dB… en moyenne dans la journée (entre 6h et 22h). Or, le souci de certains riverains n’est pas la moyenne journalière, mais les pics sonores - lorsque deux trains se croisent ou que l’un passe sous un tunnel - qui se répètent plusieurs fois par jour.

>> A lire aussi : Bordeaux: Avec la nouvelle gare Saint-Jean et la LGV, la SNCF va vivre une année 2017 «historique»

« Notre objectif reste d’être en dessous du seuil réglementaire de 60 dB en moyenne dans la journée, assène Hervé Le Caignec. Si les mesures sont au dessus, nous sommes dans l’obligation de mettre en place des dispositifs pour faire abaisser ce niveau. Nous avons conscience de la gêne que peut occasionner le passage des TGV sur certaines communes, mais nous n’allons pas résoudre les problèmes de tout le monde, et nous nous en tiendrons à ce que l’on nous demande. Si ce n’est pas tenable, il faut que les riverains se retournent contre l’Etat. »

En clair : il est possible que Lisea ne renforce pas les protections acoustiques, même si les 60 dB sont dépassés ponctuellement dans la journée, tant que la moyenne reste en dessous de ce seuil. Seul point positif pour ces riverains : les nouvelles rames Oceane, amenées à se généraliser sur la ligne, feraient moins de bruit que les anciennes rames Atlantique…

D’autres communes potentiellement concernées

Si le cas de Marsas est celui qui fait le plus de bruit actuellement, Lisea s’attend à ce que d’autres communes se manifestent. « Nous avons déjà reçu un certain nombre de courriers depuis la mise en service de la ligne, 32 exactement, indique Hervé Le Caignec. Il y a forcément d’autres communes potentiellement concernées, d’autant plus que, selon la topographie, des habitations à plus de 100 mètres peuvent être exposées au bruit. »

« Nous étudierons tous les cas, et nous rajouterons des points de mesure là où c’est nécessaire pendant notre campagne qui durera de septembre à février 2018 », assure le président de Lisea, qui précise que l’entreprise est tenue de faire respecter la réglementation acoustique pendant les 44 ans que dure la concession.