VIDÉO. A Bayonne, hommes et femmes peuvent uriner debout

INVENTION Des toilettes d'un nouveau genre sont en cours d'expérimentation...

Laetitia Dive

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Cachés dans une enveloppe «végétale» ou en bois, ces nouveaux urinoirs peuvent se monter en deux jours.
Cachés dans une enveloppe «végétale» ou en bois, ces nouveaux urinoirs peuvent se monter en deux jours. — VES BAT ECO
  • De nouveaux urinoirs écologiques sont fabriqués dans le Pays basque et actuellement testés à Bayonne
  • Des «urinettes» y sont disponibles pour permettre aux femmes de se soulager sans se dévêtir, en restant debout

Tout est parti d’un constat simple : dans l’espace public, les endroits où il est possible d’uriner se sont raréfiés au fil du temps.

« Quand il y en a, ils sont souvent dédiés aux hommes ou pas appropriés pour une utilisation par des femmes », précise Jérôme Clausse, en charge du développement du projet de la société Ves Bat Eco qui produit ces nouveaux urinoirs.

Un distributeur à urinettes

Depuis peu, l’une de ces installations est testée à Bayonne. Sa particularité ? Hommes et femmes peuvent l’utiliser. « L’utilisatrice va utiliser des urinettes jetables. On voudrait les installer dans un distributeur en libre-service ».

Illustration d'une urinette.
Illustration d'une urinette. - Capture d'écran / Pissedebout

Ces urinettes ont été inventées au milieu du siècle dernier. Elles permettent aux femmes de ne pas se dévêtir ou s’asseoir pour se soulager : de forme conique, elles se placent entre les jambes et déversent directement l’urine dans la cuvette. En France, plusieurs entreprises en commercialisent: Izyloo, Pissedebout, ou encore Urinelle. Ces outils sont à utilisation unique : « Le papier est recyclable et jetable sur place ».

Ecologique et social

Pour ces nouveaux toilettes, la société de Jérôme Clausse a en effet souhaité miser sur l’écologie : « L’utilisation se fait sans eau. On pose la structure sur une bouche d’égout ce qui permet une connexion étanche et directe ». Le fonctionnement est simple : à l’intérieur de l’urinoir, une valve s’ouvre sous le poids de l’urine puis se referme aussitôt. « Cette étanchéité empêche la remontée d’égout ».

L’autre enjeu était social : implantée à Saint-Jean-de-Luz dans le Pays basque, Ves Bat Eco s’est associé avec l’antenne bayonnaise d’Atherbea qui accompagnent des personnes dans leur réinsertion sociale. « On conçoit le mobilier et eux l’habillent, raconte Jérôme Clausse. Il a été prévu en kit donc la structure s’assemble facilement ».

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Une fois que l’on a toutes les pièces, il faut environ deux jours pour poser la dalle de béton qui sert de sol, y planter les poteaux qui maintiennent la structure et installer l’urinoir. Tout cela pour un montant d’environ 8000 euros hors-taxes.

Une structure adaptable et ouverte

Comme le souligne Jérôme Clausse, l’habillage est prépondérant : « On en a plusieurs types selon ce que veulent les clients ». La forme, elle, ne change pas d’un modèle à l’autre : « On veut une structure petite, légère et qui ne nécessite pas de travaux de raccordement. C’est très pratique pour les municipalités mais aussi pour les festivals par exemple ». S’il est question d’y aposer un verrou, Ves Bat Eco souligne l’importance d’une structure ouverte pour éviter « des activités illicites à l’intérieur ».

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En proposant plusieurs modèles (végétal, bois, métal), la société espère pouvoir s’adapter au mieux à tous les types d’environnement. « La structure est ronde pour ne pas heurter la vue. On veut qu’elle se marie au mieux avec le paysage urbain. L’idée, c’est que quand vous êtes à l’extérieur, vous ne sachiez pas que c’est un urinoir ».

En phase de test

Actuellement, l’intégralité des matériaux utilisés pour la confection de ces toilettes sont du Pays Basque. D’ailleurs, s’il y en a pour l’instant seulement un à Bayonne, Ves Bat Eco compte faire tester ce dispositif à d’autres communes de la région. « En parallèle, on mène une enquête de satisfaction auprès des usagers. Cela nous permet d’adapter notre produit ».

Si ces urinoirs basques venaient à s’exporter ailleurs dans l’Hexagone, Jérôme Clausse assure qu’il ferait alors appel à d’autres sociétés pour les construire : « On voudrait éviter des traces carbone trop importantes. Pour cela, il nous suffirait de donner les références du produit aux autres régions qui pourraient faire travailler des entreprises locales dessus ».

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