Pau: Un responsable de Total mis en demeure après le suicide de deux salariés

TRAVAIL La direction du travail estime dans son rapport que la direction du centre Total de Pau n'a pas géré les situations de souffrances au travail concernant deux de ses employés qui ont mis fin à leurs jours sur leur lieu de travail...

E.P. avec AFP

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Le suicide a eu lieu sur le site du centre Jean Feger de Total à Pau.
Le suicide a eu lieu sur le site du centre Jean Feger de Total à Pau. — Capture d'écran Google maps

Après les suicides de deux salariés du Centre Jean-Féger du groupe Total à Pau, en 2015 puis en 2017 sur le site, la Direction du travail (DIRECTTE) a mis en demeure le responsable du Centre « d'évaluer les risques psychosociaux », a-t-on appris mercredi. 

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« Cette souffrance n'a pas été prise en compte »

La direction du travail a conclu dans son rapport d'enquête que le salarié dont le suicide a eu lieu en mars 2017 « était en souffrance depuis des mois » et que « cette souffrance n'a pas été prise en compte ».

« L'ensemble des éléments démontre que des manquements de l'organisation, des tensions, des situations de souffrance au travail (pleurs) et de fortes attentes en matière de reconnaissance économique (rémunération, évolution de carrière, mobilité) étaient connus. Cependant, cela n'a pas été géré», souligne la DIRECTTE dans son rapport de six pages. Il a été remis au chef d'établissement du Centre scientifique et technique Jean-Féger (CSTJF) qui a été mis en demeure le 2 juin.

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Interrogée, la CGT UGICT (syndicat cégétiste des cadres) s'est dite « confortée aujourd'hui par la DIRECTTE qui considère 'une situation dangereuse de risques pour la santé mentale des salariés résultant notamment du non-respect (...) du Code du travail' ».

Depuis 2015, deux suicides ont eu lieu sur le site de Pau, « reconnus par les autorités administratives comme accidents de travail », précise la CGT Total dans un communiqué. Un premier suicide a eu lieu en juin 2015: un ingénieur géophysicien, âgé de 62 ans, s'était jeté d'un escalier sur son lieu de travail. En mars 2017, un agent technique, 46 ans, s'est aussi suicidé au Centre Jean-Féger.

La CGT a appelé les salariés à avancer dès la rentrée de septembre « des propositions alternatives et ambitieuses, tant pour le bien-être des salariés que la pérennité de l'entreprise ».