Bordeaux: Un appareil pour détecter les cellules tumorales par prise de sang est testé au centre anti-cancer

SANTE Bergonié s’est équipé d’un analyseur qui va permettre de faire de la recherche sur le dépistage en amont de pathologies cancéreuses…

Elsa Provenzano

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L’analyseur Rarecells a été mis au point par le professeur Patrizia Paterlini et son équipe.
L’analyseur Rarecells a été mis au point par le professeur Patrizia Paterlini et son équipe. — Institut Bergonié
  • Le centre régional anti-cancer s'équipe d'un analyseur appelé Rarecells qui permet de séparer les cellules tumorales circulantes des cellules sanguines, à partir d'une prise de sang. 
  • D'ici deux ans, un prélèvement sanguin pourra être proposé à un patientèle un peu élargie, à certaines conditions. 

L’engin dont vient de s’équiper l’institut Bergonié, centre régional de lutte contre le cancer, permet à partir d’un prélèvement sanguin d’un patient, de filtrer les cellules tumorales, plus grosses que les cellules sanguines. L’analyseur Rarecells a été mis au point par le professeur Patrizia Paterlini et son équipe. « Il permet d’attraper les cellules tumorales circulantes », précise le directeur général de Bergonié François Xavier Mahon.

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Le dispositif « ouvre de nouvelles perspectives vers un diagnostic et un traitement précoces et affinés du cancer », se félicite l’Institut. Pour l’instant, cette technologie est dédiée à des projets de recherche, mais elle pourrait être proposée à des patients de façon un peu élargie dans environ deux ans, « avec des indications précises et pas pour tous les types de cancers », prévient le professeur François Xavier Mahon, qui se méfie des effets d’annonce sur le sujet.

« Un espoir dans la lutte contre le cancer »

« Bien sûr c’est un espoir dans la lutte contre le cancer qui est faite de petits ruisseaux, commente le directeur général de l’établissement. Et il est vrai que celui-ci est un petit peu plus gros que les autres ». Le procédé serait particulièrement pertinent pour des tumeurs concernant des organes profonds, comme les poumons ou le foie, pour lesquels l’accès est compliqué.

Il permettrait aussi de mieux évaluer en amont l’agressivité de la tumeur cancéreuse et pourrait compléter les informations fournies par d’autres examens. Mais, on ne peut pas parler d’un test de dépistage généralisable car il existe beaucoup de sortes de cancers.

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Mieux orienter les choix cliniques

« Pour le cancer du sein, le meilleur dépistage reste la mammographie et pour celui de la prostate, il existe un marqueur dans le sang, explique le professeur. Mais par exemple, si on détecte une anomalie sur une radiographie pulmonaire, on pourrait recourir à ce dispositif, en complément » Le Rarecells va en tout cas permettre de mieux connaître certains types de cancers et ainsi de mieux orienter les choix thérapeutiques des cliniciens.

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Bergonié bénéficie de l’accès à ce dispositif grâce au don de 55.000 euros du Comité Féminin Gironde, association d’usagers. C’est l’organisation du « ruban rose », course contre le cancer du sein organisée depuis une dizaine d’années par cette association qui lui a permis de faire don de cette somme. « A nous maintenant de trouver les fonds pour faire fonctionner cette machine », conclut François Xavier Mahon.