Jussiê: «La patte de Jocelyn Gourvennec a vraiment fait du bien»

FOOTBALL Le joueur est revenu sur sa première année loin des terrains qui l’a conduit vers le monde du vin…

Laetitia Dive

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L'attaquant des Girondins, Jussiê, lors d'un match contre Guingamp, disputé le 20 avril 2014.
L'attaquant des Girondins, Jussiê, lors d'un match contre Guingamp, disputé le 20 avril 2014. — JEAN-PIERRE MULLER / AFP
  • Brésilien d’origine, l’ancien attaquant des Marine et Blanc est resté vivre à Bordeaux cette année, après avoir quitté les Girondins
  • Il continue à soutenir son ancien club où il a passé neuf années

C’était il y a un an : en fin de contrat et après une saison compliquée, Jussiê n’était pas renouvelé aux Girondins de Bordeaux où il a passé neuf années (dont six mois en prêt au club émirati d'Al Wasl Dubaï). Depuis, il est rare que l’ancien joueur tape dans un ballon puisqu’il se consacre pleinement à sa nouvelle activité, liée au vin. Pour 20 Minutes, il a accepté d’évoquer sa nouvelle vie, sa passion pour le vin, son intérêt pour la magie, la saison des Girondins ou encore le départ de Cédric Carrasso. Le tout dans un français joliment mâtiné d’accent brésilien.

Comment s’est passée cette première année loin du foot ?

Ça s’est plutôt très bien déroulé ! J’en suis même surpris parce que pas mal d’anciens footballeurs m’ont raconté qu’il fallait essayer de jouer le plus longtemps possible parce qu’on ressentait un manque une fois qu’on arrêtait. Moi ça reste ma passion mais ça va, je ne ressens pas trop le manque et je suis à fond dans mon nouveau boulot. Ça se passe à merveille !

Vous continuez à jouer un peu ?

Non, j’ai complètement arrêté. Avant on jouait chez Franck Jurietti avec les anciens Girondins parce qu’il a un complexe de foot en salle. Mais je n’ai plus le temps avec mon nouveau boulot. Ça ne fait pas partie de mes plans de m’y remettre.

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Vous travaillez désormais dans le vin, que faites-vous exactement ?

Je m’occupe d’importer du vin français au Brésil et dans quelques pays d’Amérique du sud. Je choisis des vins d’ici et je les reçois là-bas. On les distribue ensuite à des hôtels, des restaurateurs, des particuliers… D’ailleurs, comme mon entreprise est basée là-bas, à Belo Horizonte, j’y déménage l’an prochain avec ma famille. Il faut que je sois présent quelque temps mais c’est temporaire : je reviendrai à Bordeaux quand plus besoin de moi là-bas.

Comment l’idée vous est venue ?

Ça a commencé quand je suis arrivé à Bordeaux et que j’ai commencé à côtoyer le monde du vin ici, et au Brésil aussi. J’ai créé un réseau et grâce à ce réseau, j’ai mis en place ces importations. Je le faisais en parallèle du foot. Aujourd’hui j’ai la chance de gérer de A à Z ces importations. Je m’étais mis une deadline : si en janvier 2017, je n’avais toujours pas de club, j’arrêtais définitivement ma carrière. C’était donc le moment pour me mettre à fond dans le vin.

Vous avez une autre passion, la magie… Vous pratiquez toujours ?

J’ai arrêté aussi car je manque de temps. J’ai un ami qui est considéré comme le meilleur magicien du Brésil et je m’y étais mis quand j’étais blessé, ça m’occupait. Je voyais que les gens aimaient ça donc je continuais. Aujourd’hui, j’aime toujours ça mais je suis vraiment trop occupé.

Avez-vous suivi la dernière saison des Girondins ?

Je n’ai jamais été au stade depuis mon départ car je ne sais pas être supporter. Mais j’ai vu que la patte de Jocelyn Gourvennec a vraiment fait du bien. Il a fait un super travail et incarne vraiment la philosophie du club. Cela faisait plusieurs saisons qu’on cherchait cet équilibre. Lui a réussi à adapter un système qui correspond aux joueurs qu’il a : on a une équipe très jeune et on sortait d’une période de difficultés. Il a redonné le plaisir aux supporters d’aller voir les matchs. C’était sa première année et le meilleur est à venir. Ça m’a fait plaisir qu’ils redeviennent européens et ça va être une grande saison. Aujourd’hui, Bordeaux c’est la seule équipe que je soutiens.

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Quels joueurs vous ont le plus marqué cette année ?

Vada a beaucoup progressé cette saison et je pense que Gourvennec y est pour quelque chose. S’il continue comme ça, il va être très convoité ! Malcom c’est un petit génie aussi. Il manque encore de régularité mais dès qu’il pourra enchaîner les bonnes performances, il passera au niveau supérieur. Il y a beaucoup de jeunes joueurs avec de superbes capacités qui, s’ils travaillent bien, pourront partir dans de super clubs.

Qu’avez-vous pensé du départ de Cédric Carrasso ?

C’est triste. Quand je vois tout ce qu’il a donné pour le club… C’est pas cool du tout. Bordeaux est un grand club avec une grande histoire donc c’est dommage de montrer ça. On a le droit de dire « on te garde » ou « on ne te garde pas » mais pas comme ça. Surtout que Carrass', malgré son âge, était très performant et prêt à rester comme deuxième gardien. Il n’y a même pas eu d’hommage pour le dernier match et ça, ça laisse un goût amer.

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