Le service public proteste

Sophie Lemaire - ©2008 20 minutes

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Un cortège de 6 500 à 15 000 personnes, selon les estimations. La journée nationale d'action des fonctionnaires s'est traduite hier à Bordeaux par une longue manifestation dans les rues du centre-ville. Une « bonne mobilisation », ont estimé les responsables syndicaux à l'initiative du mouvement, mais loin des 15 000 à 30 000 manifestants réunis sur le même thème le 20 novembre. « Pour les salaires, les emplois, le service public », proclamait la banderole placée en tête d'un cortège réunissant de nombreux enseignants, personnels hospitaliers, agents des collectivités territoriales ou postiers. Tous dénoncent une dégradation de leur pouvoir d'achat. « On embauche des chercheurs de niveau bac + 8 à 1 600 euros net », explique Joël Plantard, chercheur au CNRS de Bordeaux et membre du SNTRS-CGT. « Chez nous, une infirmière diplomée gagne 1 300 euros net en début de carrière, affirme Chantal Gantch, infirmière à l'hopital de Libourne et responsable Unsa. Alors on a du mal à recruter. C'est la mort du service public. »

Quelques salariés du privé se sont également joints au cortège. « Public ou privé, c'est le même problème, raconte Alain, sous sa banderole FO. Je travaille chez Carrefour depuis trente ans et je gagne 1 460 euros net. Les hausses de salaires compensent à peine l'inflation. Et qu'on ne vienne pas me parler de crise, parce que les actionnaires, eux, s'en mettent plein les fouilles ! »