Législatives: A la ville comme à la campagne, Insoumis et En Marche! bouleversent le jeu électoral en Gironde

ELECTIONS Dans la circonscription urbaine de Bordeaux Sud comme dans celle plus rurale de l’Entre-deux-mers, les deux nouveaux partis ont changé la donne électorale…

Elsa Provenzano

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Christophe Miqueu et sa suppléante Nathalie Chollon sont présents au second tour des législatives sur la 12e circonscription.
Christophe Miqueu et sa suppléante Nathalie Chollon sont présents au second tour des législatives sur la 12e circonscription. — Christian Coulais
  • Deux candidats Insoumis affronteront des candidats En Marche en Gironde sur la 3e et la 12e circonscription. 
  • Ces duels ont lieu sur des circonscriptions aux configurations différentes, l'une ancrée dans la métropole, l'autre plutôt rurale. 

A l’image de la vague qui a déferlé en faveur d’une majorité présidentielle, le premier tour des législatives place les candidats En Marche ! (LREM) en tête dans les 12 circonscriptions de Gironde, dont dix étaient auparavant détenues par le parti socialiste. Dans deux d’entre elles, les candidats LREM se retrouvent face à des candidats de la France insoumise (FI), qu’on n’attendait pas forcément au second tour sur des circonscriptions très différentes, l’une métropolitaine et l’autre rurale.

Marik Fetouh le candidat En marche sur la 3 e circonscription.
Marik Fetouh le candidat En marche sur la 3 e circonscription. - E.Provenzano/ 20 Minutes

La circonscription de Noël Mamère a la fibre écolo

Dans la 3e circonscription urbaine, celle de Noël Mamère, qui comprend Bègles, Villenave d’Ornon, Talence et Bordeaux Sud, Loïc Prud’Homme (FI) a réalisé 19,02 % et se retrouve face à Marik Fetouh, adjoint au maire de Bordeaux en charge de l’égalité et de la citoyenneté, qui rassemble 33,4 % des suffrages sous l’étiquette LREM.

La présence du candidat de gauche radicale n’est pas une réelle surprise dans cette circonscription populaire, « une des plus difficiles puisque Jean-Luc Mélenchon y était arrivé en tête au premier tour des élections présidentielles », rappelle Marik Fetouh, lors de sa conférence de l’entre-deux-tours, restant néanmoins « très optimiste » sur ses chances de l’emporter. C’est une circonscription ancrée à gauche et très sensible à l’écologie, selon Loïc Prud’homme. « Or l’écologie c’est la colonne vertébrale de notre programme », pointe-t-il.

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Sur la 12e circonscription, qui comprend le territoire beaucoup plus rural de l’Entre-Deux-Mers, on retrouve le même duel, peut être plus inattendu que sur la 3e circonscription, puisque les idées de la France Insoumise ont trouvé un meilleur écho sur les territoires urbains que ruraux le 23 mai dernier.

Deux élus locaux sur la 12e

« Il y a une partie du territoire tournée vers Bordeaux et une autre très rurale, constate Christophe Miqueu (FI). C’est la raison pour laquelle pendant la campagne, on a mis en place une permanence électorale mobile, pour circuler de commune en commune et aller vers les citoyens ». Pour le candidat de gauche, c’est son statut d’élu rural d’opposition à Sauveterre de Guyenne qui s’est révélé payant. « La 12e n’est pas seulement rurale, le nord-ouest qui rassemble 40 % de la population est plutôt un territoire périurbain », nuance la candidate LREM Christelle Dubos, adjointe au maire à Sadirac, depuis 2014.

Christelle Dubos,(2e en partant de la droite) est la candidate LREM sur la 12 e circonscription.
Christelle Dubos,(2e en partant de la droite) est la candidate LREM sur la 12 e circonscription. - En Marche 12 e circonscription

Avec 37,44 % des suffrages, elle devance de plus de 20 points son adversaire, qui espère convaincre les abstentionnistes dans l’entre-deux tours. « La 12e est une circonscription de gauche, délicate à remporter mais qui reste gagnable », estime la candidate LREM.

Dans ces deux circonscriptions, trois candidates PS battues au second tour, dont une dissidente, ont appelé à voter en faveur des candidats du parti de Jean-Luc Mélenchon. Mais tous les socialistes ne suivront pas cette consigne, la France insoumise étant qualifiée de « repoussoir » par certains d’entre eux dont Isabelle Boudineau, élue socialiste à la région, qui soutient la candidature du macroniste Marik Fetouh.