Une manifestation de gens du voyage dégénère à Pau

Faits divers Les manifestants demandaient la libération provisoire d'un prisonnier, pour lui permettre d'assister à des obsèques...

O.A. avec AFP

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fourgons de police à Lille en avril 2017
fourgons de police à Lille en avril 2017 — M. Libert / 20 Minutes
  • Une centaine de personnes se sont mobilisées à Pau pour obtenir de la justice la libération d'un détenu, le temps des obsèques de son frère
  • Des manifestants ont commis d'importants dégâts

Des violences ont été commises vendredi soir à Pau, pendant la manifestation d’une centaine de personnes issues de la communauté des gens du voyage. La mobilisation visait à obtenir une permission de sortie pour un détenu, afin de lui permettre d’assister aux obsèques de son frère, ce samedi.

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Cinq voitures ont été brûlées dans plusieurs endroits de la ville, deux bus municipaux qui se trouvaient au dépôt et du mobilier urbain ont aussi été dégradés, selon la Préfecture.

Autorisation de sortie refusée

Les manifestants, qui s’étaient rassemblés aux alentours de 20h non loin du camp où ils sont installés, ont mis également le feu à des caddies de supermarché et des pneus usagés. Une trentaine de policiers et des gendarmes venus en renfort ont été dépêchés sur place.

Le frère du détenu, dont les protestataires réclamaient la libération, est mort le 30 mai, après avoir été blessé à la tête par des tirs de policiers, lors d’une course-poursuite à Toulouse. Les obsèques se tiennent ce samedi à 11h dans une commune du sud-ouest du département des Pyrénées-Atlantiques.

L’autorisation de sortie avait été refusée par le juge d’application des peines. La manifestation a pris fin aux alentours de 23h, après des pourparlers avec un membre de la famille, selon la préfecture. Les autorités se sont engagées pour qu’ait lieu un examen d’une permission de sortie « assez rapide » afin que le détenu puisse se recueillir, plus tard, sur la tombe de son frère.

La course-poursuite à Toulouse a donné lieu à l’ouverture d’une enquête de flagrance confiée à l’Inspection générale de la Police nationale (IGPN, « police des polices ») et au Service régional de Police judiciaire (SRPJ) de la ville.

Des précédents dans la Somme et en Isère

Des incidents similaires avaient éclaté à deux reprises en 2015 pour le même motif ailleurs en France.

Fin août 2015, des gens du voyage avaient ainsi bloqué l’autoroute A1 pour demander que le fils d’une victime d’une fusillade, incarcéré, puisse assister aux funérailles de son père. Les suspects avaient écopé de peines allant jusqu’à 18 mois de prison ferme.

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Deux mois plus tard, d’autres membres de la communauté des gens du voyage avaient brûlé des voitures et bloqué la gare de Moirans (Isère), pour permettre au frère et au cousin d’un jeune, tué dans une voiture volée après avoir commis un cambriolage, de pouvoir assister à ses obsèques.