Gironde: Plusieurs villes vont faire machine arrière sur la réforme des rythmes scolaires

EDUCATION Le Bouscat veut supprimer les temps d'activités périscolaires (TAP) de la réforme dès la rentrée 2017/2018 et revenir à la semaine des quatre jours...

Elsa Provenzano

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Illustration d'une élève inscrite en école primaire, ici à Rennes.
Illustration d'une élève inscrite en école primaire, ici à Rennes. — C. Allain / APEI / 20 Minutes
  • Plusieurs villes de la Métropole Bordelaise souhaitent mettre fin à la réforme des rythmes scolaires. 
  • Leur choix est motivé par le coût du financement des TAP et la fin des aides de l'Etat, annoncée pour 2019. 

Depuis la réforme des rythmes scolaires entrée en vigueur en septembre 2014, les élèves ont cours pendant quatre jours et demi et les communes ont mis en place des temps d’activités périscolaires (TAP). « On n’était pas favorable à la réforme mais la loi c’est la loi et on l’a appliquée du mieux possible », estime Patrick Bobet, maire Les Républicains du Bouscat, commune de la Métropole Bordelaise de plus de 23.000 habitants.

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La réforme a un coût pour les communes 

Le gouvernement Macron vient d’annoncer que les maires qui le souhaitent auront la possibilité de revenir à la semaine des quatre jours dès la rentrée prochaine et cet élu qui a « épié les prises de paroles des candidats à la présidentielle » sur ce sujet s’en réjouit et a déjà pris les dispositions nécessaires pour que la réforme n’ait plus cours sur sa commune dès septembre 2017. Il a souhaité prendre les devants, avant même la publication du décret, qui devrait intervenir début juillet. « J’estime qu’il faut faire preuve de bon sens et de réactivité, on sait que cette réforme n’est pas bonne », appuie-t-il.

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La ville de Pessac, qui accueille 6.000 élèves, attend, elle, la publication du décret et n’envisage de toute façon pas une refonte du fonctionnement dès cette rentrée mais peut être une évolution, notamment sur les TAP. D’autres communes comme Saint Médard, Gradignan et Bordeaux réfléchissent à faire machine arrière à la rentrée 2018/2019, alors que les aides de l’Etat pour les TAP prendront fin en 2019. « Ce ne sera pas du tout modifié pour la rentrée 2017/2018, assure Emmanuelle Cuny, adjointe en charge de l’éducation à la mairie de Bordeaux. Nous allons organiser une concertation avec l’Education Nationale ». La réforme coûte actuellement 2,9 millions d’euros par an à la capitale girondine et pèserait 3,7 millions sans les aides de l’Etat.

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Le maire du Bouscat a consulté ses services qui ont jugé faisable « avec beaucoup de boulot », ce retour à l’ancien fonctionnement, dès septembre, pour les 1.670 enfants scolarisés sur la commune. « On a consulté les directeurs d’écoles et ils souhaitent sortir de la réforme à 72 %, souligne Patrick Bobet. Même son de cloche auprès des représentants des parents d’élèves ». Un questionnaire a été envoyé aux familles de la commune pour les consulter également sur le sujet, et le maire rencontre l’inspecteur de l’éducation nationale ce vendredi. La réforme coûte 400.000 euros à la commune, une fois les aides de l’Etat (50.000 euros) déduites. Cet argent économisé permettra « de ne pas augmenter les impôts et peut-être aussi d’organiser des sorties intéressantes pour les enfants », pointe Patrick Bobet.

« Il ne faut pas la détricoter cette réforme »

« Les communes ne peuvent pas décider de façon unilatérale, prévient Stéphanie Anfray, présidente de la fédération des parents d'élèves de la Gironde. Il faut que ce soit voté en conseil d'école et validé par le directeur académique des services de l'education Nationale ». La FCPE est opposée à un retour à la semaine à quatre jours, tout en étant favorable à une pérennisation du fond d'aide aux communes apporté par l'Etat. « Il ne faut pas la détricoter cette réforme, mise en place il y a peu de temps, mais l'améliorer », estime la présidente de la FCPE qui craint une territorialisation de l'éducation et des inégalités grandissantes entre écoles, communes et départements.