Surf: Biarritz est-elle le meilleur spot de la côte ?

CHAMPIONNATS DU MONDE La ville accueille les Mondiaux jusqu'au 28 mai...

Laetitia Dive

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C'est la deuxième fois que Biarritz organise l'événement.
C'est la deuxième fois que Biarritz organise l'événement. — Franck Fife / AFP

De notre envoyée spéciale à Biarritz

N’en déplaise à Jean Dujardin, en France, la côte Atlantique est de loin celle que préfèrent les surfeurs. Mais là où la glisse est vraiment reine, c’est au Pays basque. D’ailleurs, c’est à Biarritz que se tiennent actuellement les ISA World Surfing Games qui accueillent des athlètes de 47 nationalités.

Préférée à d’autres pour les Mondiaux

« C’est une boîte de consulting extérieur qui a choisi Biarritz, raconte Jean-Luc Arassus, le président de la Fédération française de surf. On a eu plusieurs candidatures, notamment Lacanau ou la communauté des communes de Maremne Adour Côte Sud qui comprend Capbreton, Seignosse ou encore Hossegor ».

Si tous ces noms sonnent comme un bruit de vagues fracassantes, Biarritz a finalement été choisie pour plusieurs raisons : « La marque Biarritz est connue au niveau international donc cela donnait de la notoriété à l’événement. Il y a aussi le fait qu’on puisse surfer à l’intérieur de la ville, cela permet une meilleure visibilité et une plus grande communion : les vagues sont proches donc les surfeurs aussi, ils partagent plus entre eux ».

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Mais cette notion de surf urbain a aussi ses défauts à en croire le sociologue du sport Ludovic Falaix : « L’avantage de Biarritz par rapport aux autres stations, c’est la construction du tissu urbain derrière : il y a des infrastructures, un aéroport proche… Ces motifs ont dû peser en faveur de la ville. Mais s’ils avaient misé sur la qualité des vagues, ils seraient allés à Hossegor ».

Double-jeu

La ville basque a par ailleurs une double identité : pour atteindre la Grande Plage, les surfeurs doivent ainsi passer devant les boutiques de luxe du centre. Et lorsqu’ils sont dans les vagues, ils peuvent voir le Casino ou l’Hôtel du Palais, deux symboles de la cité balnéaire.

La Grande Plage, où se tient la compétition, est au coeur de la ville.
La Grande Plage, où se tient la compétition, est au coeur de la ville. - Capture d'écran Google Maps

« Ce qui est paradoxal, c’est qu’à Biarritz, les surfeurs sont assimilés à la culture locale. On les voit dans l’espace public, ils appartiennent à des CSP intégrées en tant que médecins ou avocats ». Rien à voir donc avec le mouvement alternatif prôné par une certaine catégorie de surfeurs : « Eux ne viendront pas aux Mondiaux, ils dénoncent les compétitions et privilégient le hors-champ, les grands espaces », explique le spécialiste.

La ville aurait ainsi réussi cette espèce de fusion entre une station balnéaire huppée, prisée par les touristes retraités, et un haut lieu du surf. D’ailleurs « Il y a même des dispositifs de surf sur ordonnance où on prescrit des sessions à des petits vieux pour leur éviter des maladies cardiovasculaires ou autres ».

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