Bordeaux: Des conserveries solidaires pour recycler les fruits et légumes invendus

RECYCLAGE L’idée est de récupérer les fruits et légumes invendus, pour les transformer en soupe ou compote et les redistribuer, notamment à la restauration collective…

Mickaël Bosredon

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Des légumes dans des cagettes (Illustration).
Des légumes dans des cagettes (Illustration). — N. Bonzom / Maxele Presse
  • Chaque année en Gironde, 14.000 tonnes de fruits et légumes se retrouvent invendus pour des problèmes de prix ou de calibrage
  • Deux conserveries solidaires vont voir le jour à Blanquefort et Tresses pour récupérer ces invendus et les réintroduire dans le marché local

Le démarrage de l’activité est prévu pour janvier 2018. L’Ecoparc de Blanquefort accueillera alors une « conserverie solidaire », la première du genre sur la métropole de Bordeaux.

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Portée par l’association Elixir, l’idée est de récupérer des légumes et fruits frais invendus des agriculteurs, des coopératives, des marchés et des commerces, pour transformer ces produits en compotes, confitures, soupes et les vendre à la restauration collective, la grande distribution, les grossistes agroalimentaires.

« Jusqu’à présent, personne ne semblait vouloir s’occuper de cette problématique »

« Tout sera récupéré, transformé et redistribué localement, c’est-à-dire à l’échelle du département de la Gironde, insiste Serge Pezzino, le porteur du projet. Notre objectif est de collecter 1.000 tonnes de produits par an. Mais il faut savoir que, rien que sur la Gironde, 14.000 tonnes de produits sont, chaque année, invendus. Et on ne parle pas de déchets. Sur cette montagne, seules 1.600 tonnes sont récupérées par la Banque alimentaire et les Restos du Cœur. Jusqu’à présent, personne ne semblait vouloir s’occuper de cette problématique, c’était un peu la honte de notre société… »

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La métropole de Bordeaux vient d’accorder une aide de 100.000 euros à ce projet, qui devrait créer une vingtaine d’emplois, dont une grande majorité réservée à des personnes en situation de handicap. Le montant global de cette initiative est d’environ 1,6 million d’euros, financée à 40 % par les collectivités locales comme la région et le département, et le reste par des entreprises de l’économie sociale et solidaire (ESS).

Le Bocal Local a déjà récupéré 10 tonnes de produits invendus en un an

Aux portes de la métropole, une autre initiative du même genre a vu le jour il y a quelques mois. Le Bocal Local entend lui aussi lutter contre le gaspillage alimentaire. « Nos bureaux sont installés à Pompignac, à 12 kilomètres de Bordeaux, raconte la fondatrice Stéphanie Dartigue. L’idée de ce projet a démarré il y a trois ans, mais l’activité n’a réellement débuté que début 2016. L’objectif est de lutter contre le gaspillage potager en récupérant les surplus des professionnels [invendus des maraîchers, des grossistes…] et des particuliers, puis en les redistribuant aux associations du don alimentaire entre autres. Sur notre premier exercice, nous avons ainsi récupéré 10 tonnes de fruits et légumes, dont 20 % auprès des particuliers. Il faut savoir qu’un arbre fruitier produit davantage que ce qu’une famille de quatre personnes peut consommer. »

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« Nous offrons ainsi la possibilité aux particuliers de se débarrasser de leurs fruits et légumes qui pourrissent au pied de l’arbre, et aux professionnels de s’éviter des frais de transformation de leurs produits en déchets, et de défiscaliser leurs dons, puisque notre association est reconnue d’intérêt général. » L’association ne récupère que les produits en très bon état.

Une autre conserverie à Tresses en 2018

« A ce jour, nous fonctionnons à flux tendu, c’est-à-dire que nous devons redistribuer quasiment immédiatement aux associations les fruits et légumes que nous récupérons, puisque nous n’avons pas de lieu de stockage, précise Stéphanie Dartigue. Mais, courant 2018, nous prévoyons de nous équiper d’une conserverie, à Tresses, ce qui nous permettra de stocker la marchandise, et de la transformer en bocaux, conserves, soupes… »

L’association a aussi pour but de dynamiser ce secteur géographique aux portes de la métropole, « considéré comme un territoire dortoir », et joue un rôle social en réinsérant une dizaine de personnes éloignée de l’emploi.

Le Bocal Local s’est enfin lancé dans une autre activité, le « potaginage. » Il s’agit d’accompagner et d’entretenir des potagers de particuliers, de collectivités ou d’établissements privés, sur des principes de permaculture et d’agroécologie.