Mondiaux de surf: A Biarritz, les mesures de sécurité ont fait (très fortement) grimper les dépenses

SURF En raison de l’état d’urgence, 35 % du budget global est alloué à la sécurité…

Laetitia Dive

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Les sportifs viennent d'une quarantaine de pays.
Les sportifs viennent d'une quarantaine de pays. — Franck Fife / AFP
  • La Fédération doit respecter les consignes induites pas l’état d’urgence
  • La présence d’athlètes issus de pays « à risques » (Israël, Turquie, Etats-Unis…) contraint les organisateurs à être particulièrement vigilants

« Ce qu’on nous a imposé en termes de mesures de sécurité a fait passer nos dépenses de 30.000 à 380.000 euros ! » Pour Jean-Luc Arassus, le président de la Fédération française de surf qui organise l’événement, les contraintes ont été nombreuses.

D’abord en raison du maintien de l’état d’urgence : les contrôles des personnes et des objets sont devenus obligatoires sur les sites où se tiennent des événements publics. Cette situation a entraîné « un surcoût de l’ordre de 30 % sur le budget », le faisant passer d’environ 800.000 euros à 1,2 million.

Une vitrine pour Paris 2024

Mais l’organisation des Mondiaux à Biarritz est aussi une vitrine qui sera probablement observée par les membres du CIO, alors que Paris candidate pour les JO de 2024… et que les épreuves de surf, nouvelle discipline olympique, pourraient avoir lieu sur la côte basque.

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Du coup, pas question de lésiner sur la question sécuritaire : « Avec Vigipirate, la première mesure c’était d’isoler athlètes. Pour nous c’est nouveau car d’habitude, les surfeurs sont dans des espaces qu’ils partagent avec le public », souligne Jean-Luc Arassus. La Grande Plage en l’occurrence, où se déroule l’ensemble de la compétition.

Afin de respecter ces normes, les organisateurs ont dû construire un espace où des fouilles sont pratiquées avant de laisser rentrer le public sur les lieux des Mondiaux. « On utilise le bâtiment du Casino qui donne sur la plage. On y a positionné l’ensemble du staff et de la presse. Là, toutes les entrées sont surveillées par des prestataires de sécurité habitués à filtrer ».

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Des ressortissants de pays « à risques »

Une autre raison amène les organisateurs à être particulièrement vigilants avec certains athlètes. Sur les 250 compétiteurs, plusieurs viennent de pays jugés « à risques », comme Israël, la Turquie ou les Etats-Unis. « On nous a demandé que les hôtels où ils sont hébergés soient dans le dispositif et respectent les consignes de sécurisation. Pareil pour leurs transferts », détaille le président de la FFS.

Pour assurer la sécurité dans son ensemble, environ 160 personnes ont été mobilisées, dont une soixantaine d’agents professionnels. « Pour le reste, ce sont des bénévoles. Ils ont été recrutés après une étude de dossier et un entretien. »

En parallèle, la ville de Biarritz y a aussi mis du sien : « Des patrouilles de la police municipale ont été mises à disposition et une compagnie de CRS est présente pour l’événement ».