Bordeaux: Le Refuge accueille des jeunes victimes d'homophobie et de transphobie

SOCIÉTÉ A l'occasion de la Journée mondiale contre l'homophobie, l'association Le Refuge nous a ouvert ses portes...

Laetitia Dive

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L'an passé, plus de mille appels ont été passés vers le numéro d'urgence de l'association.
L'an passé, plus de mille appels ont été passés vers le numéro d'urgence de l'association. — Florence Durand
  • Le Refuge propose des solutions d'hébergements aux jeunes homosexuels et transgenres âgés de 18 à 25 ans
  • Un soutien psychologique, administratif est juridique leur est également proposé

En ce mercredi matin, plusieurs bénévoles s’affairent dans le local du Refuge, situé à quelques pas de la place Saint-Michel, à Bordeaux. La Journée mondiale contre l’homophobie leur donne particulièrement l’occasion de sensibiliser à leur action. « Cette année, on a choisi comme thème le harcèlement homophobe en milieu scolaire », précise Alexandre Figuès, le délégué régional qui co-animera un débat sur le sujet jeudi à la mairie de Bordeaux.

Les bénévoles vont régulièrement dans des classes pour sensibiliser collégiens et lycéens.
Les bénévoles vont régulièrement dans des classes pour sensibiliser collégiens et lycéens. - Association Le Refuge

18 à 25 ans

En dehors de ces actions de communication, la mission principale du Refuge est de venir en aide à des personnes homosexuelles ou transgenres qui sont exclues ou maltraitées par leur entourage.

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Au total, dix-huit antennes existent en France et en Outre-Mer. Toutes accueillent seulement des jeunes de 18 à 25 ans. Pourquoi cette tranche d’âge ? « Avant 18 ans, on ne peut pas faire grand-chose car ils sont mineurs. Et à partir de 25 ans, ils peuvent prétendre aux minima sociaux et avoir une certaine autonomie ». 

Un numéro d’urgence

En général, les jeunes contactent eux-mêmes l’association via un numéro d’urgence disponible 24h/24. Sur la dernière année, plus de mille personnes ont appelé. 

Après un premier entretien, l'association propose au jeune en situation de détresse de l'heberger dans l'un des logements dont elle dispose. A Bordeaux, l’appartement du Refuge peut accueillir quatre personnes. Lorsqu’il est complet, «on peut envoyer la personne qui a besoin d’aide dans une autre ville ». Et pour les cas les plus urgents, des nuits en auberge de jeunesse sont proposées.

Afin de vérifier que tout se déroule au mieux, des membres du Refuge rendent régulièrement visite aux jeunes : « Il y a un règlement intérieur qu’ils doivent respecter. Mais dans l’ensemble ça se passe bien car ils savent qu’ils sont tous là pour une raison commune. Ils y restent entre un et six mois ».

Une aide psychologique et juridique

En parallèle, le jeune et les bénévoles mettent en place un projet personnel d’accompagnement afin de pouvoir, à terme, lui permettre d’être indépendant. Un avocat est joignable pour ceux qui ont besoin de conseils juridiques. Et ceux qui le souhaitent peuvent bénéficier d’un suivi psychologique.

« Ici, ils peuvent s’exprimer, résume le délégué régional. La base du problème c’est le rejet familial, mais certains ont aussi subi des violences physiques. Il y en a certains à qui on interdisait de manger ou de se laver. D’autres subissent de fortes pressions religieuses ou psychologiques : on leur répète que ça n’est pas normal et qu’ils feraient mieux de rentrer dans la normalité ».

Pour Alexandre Figuès, si l’homophobie et la transphobie sont plus dénoncées qu’avant, il reste encore beaucoup à faire : « d’ailleurs, on est reconnu d’utilité publique. »

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