Site de GM&S en Creuse: Poutou et Mélenchon se joignent à la manifestation des salariés

SOCIAL Les deux anciens candidats de gauche à l'élection présidentielle participent ce mardi à une manifestation de soutien avec les salariés de l'équipementier automobile...

E.P. avec AFP
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Poutou et Mélenchon apportent leurs soutiens aux salariés GM
Poutou et Mélenchon apportent leurs soutiens aux salariés GM — AFP

Jean-Luc Mélenchon, ex-candidat de la France Insoumise à la présidentielle et Philippe Poutou, qui s’est présenté pour le NPA, participeront mardi à La Souterraine (Creuse) à une manifestation de soutien aux 279 salariés de l’équipementier automobile GM & S Industry, sur l’avenir duquel syndicats, constructeurs automobiles et élus ont tenu lundi à Guéret une table ronde, sans avancée notable.

Pas d’avancée concrète

La CGT avait lancé la semaine dernière un appel national à un rassemblement sur le site de GM & S, puis une marche jusqu’à la mairie de La Souterraine. Lundi, une table ronde « tendue », selon un participant, a réuni pendant environ six heures à la préfecture de Guéret syndicalistes, dirigeants de PSA et Renault (les principaux clients de GM & S) et élus locaux à la préfecture, autour du mandataire judiciaire, et du négociateur de crise. La réunion, qui a tenu par moments du « dialogue de sourds », a pris fin vers 21 h, sans avancée concrète sur l’avenir de GM & S, a-t-on indiqué de source syndicale.

Seul consensus palpable : tous les acteurs sont convenus de monter un dossier afin d’obtenir du tribunal de commerce de Poitiers un délai de trois jours supplémentaires. Qui repousserait du 23 au 26 mai l’examen par le tribunal d’une éventuelle liquidation du site creusois. Pour la reprise duquel le français GMD (emboutissage, thermoformage) avait exprimé un intérêt.

Des commandes attendues

Le site de GM & S, deuxième employeur privé de Creuse, est occupé depuis le 11 mai par les salariés qui affirment l’avoir « piégé » avec des bonbonnes de gaz. Alors que l’entreprise est en redressement judiciaire depuis décembre, ils entendent faire pression sur PSA et Renault pour qu’ils s’engagent sur un volume de commandes suffisant et « l’affectation de nouveaux marchés ».

La trentaine de participants à la réunion de Guéret étaient arrivés vers 15 h à la préfecture, tandis qu’une centaine de manifestants patientaient à l’extérieur autour d’un brasier de palettes et pneus. En marge de la table ronde, plusieurs salariés et des élus ont renouvelé leurs appels à un engagement des constructeurs automobiles, et à une intercession d’Emmanuel Macron.

Un appel au nouveau président de la République

Le président PS de Nouvelle Aquitaine Alain Rousset, venu à La Souterraine début mai, a lancé lundi depuis Bordeaux « un appel ferme à la responsabilité de tous, de tous c’est d’abord les constructeurs automobiles ». Pour lui, PSA, dont la charge de commandes atteint 10 à 13 millions d’euros, « peut faire un effort » et Renault, à 5 millions, « doit doubler ses commandes sur le site ».

Alain Rousset, dont la région a avancé près de 1,2 million d’euros pour permettre à GM & S de continuer son activité dans l’attente d’une décision de justice, a aussi lancé un appel au président Macron pour une intervention. Sauver GM & S « serait un signe fort de début de quinquennat », a estimé l’élu aquitain, estimant que « le cabinet du président a tous les éléments sur la table ». Il a évoqué à propos de GM & S « un symbole du tabassage de l’outil industriel français », avec des repreneurs passés « qui se sont comportés comme des rustres ».

Selon des participants à la table ronde de Guéret, obtenir un délai auprès du tribunal de commerce donnerait aussi un peu plus de temps au futur ministre de l’Industrie --qui devrait être nommé mardi-- pour se saisir du dossier GM & S.