Creuse: La Région veut que l'usine GM&S, occupée par des salariés en colère, redémarre au plus vite

ECONOMIE L'institution régionale appelle les constructeurs à prendre leurs responsabilités pour la survie du site de l'équipementier automobile...

Elsa Provenzano

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Les salariés de l'usine luttent pour préserver leurs emplois.
Les salariés de l'usine luttent pour préserver leurs emplois. — Crédit PASCAL LACHENAUD / AFP
  • L'équipementier est en difficulté car les commandes de ses deux principaux clients ont baissé.
  • Une réunion se tient ce lundi à la préfecture avec le repreneur potentiel, les constructeurs et les syndicats. 

« Il faut que l’entreprise redémarre », a martelé le président socialiste de la région Nouvelle-Aquitaine Alain Rousset, ce lundi, en amont de la réunion de crise sur l’avenir du site de l’équipementier GM & S installé à la Souterraine, dans la Creuse. Le conseil régional a voté une nouvelle garantie pour un prêt auprès de la banque Thémis, portant à 1,116 million d’euros l’effort de la Région, qui veut donner le temps au site industriel de trouver un repreneur.

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Le 2 décembre 2016, l’entreprise, qui emploie environ 280 employés, a été placée une nouvelle fois en redressement judiciaire. En cause les constructeurs PSA et Renault, les principaux clients du sous-traitant, qui auraient progressivement diminué leurs carnets de commandes. Le tribunal de commerce de Poitiers pourrait placer l’usine en liquidation judiciaire le 23 mai, si la situation n’a pas évolué favorablement.

« Si la colère ne justifie pas tout, il faut la comprendre »

Désespérés, les salariés occupent leur usine depuis le 11 mai et ont détruit une partie du matériel industriel. Ils ont même annoncé avoir « piégé » le site. « Si la colère ne justifie pas tout, il faut la comprendre et nous la comprenons », a commenté Alain Rousset, ajoutant On voit que les salariés ne sont en rien responsables de la situation : la qualité des pièces, la productivité et le début de diversification de l’activité du site ne sont pas en cause. »

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Le président de la Région a lancé un appel ferme aux responsabilités de tous et d’abord à celle des constructeurs. « Il faut trouver 5 à 10 millions d’euros de commandes supplémentaires pour rassurer les constructeurs et le repreneur. Cela suppose aussi que les mouvements sociaux restent dans des formes acceptables ».

Une réduction de l'effectif du site? 

« Il y aura sans doute une revue de la voilure, du format de l’entreprise avec des départs à la retraite ou des actions de formation par exemple, estime Alain Rousset. On souhaite évidemment que ce format soit le plus élevé possible ». La réduction des effectifs interviendra, selon lui, en fonction du remplissage des carnets de commande. 

A terme, l’institution régionale veut développer un dispositif pour suivre le plus en amont possible les entreprises en difficulté, notamment en travaillant en relation avec la Banque de France et l’Urssaf.

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Alain Rousset a fait part de son souhait de rencontrer au plus vite le ministre de l’industrie (dès qu'il sera nommé) et les constructeurs.