Neuf mois après, les ex-Arena surnagent

Sophie Lemaire - ©2008 20 minutes

— 

« L'antenne emploi dresse un bilan encourageant de son action », titrait le communiqué de presse. Neuf mois après la fermeture du site Arena TDP de Libourne, le 31 mars 2007, les membres de la commission de suivi, du plan de sauvegarde de l'emploi adopté par l'entreprise, étaient réunis hier pour faire le bilan des actions de reclassement en cours pour les 161 salariés.

« Au total, 121 personnes ont une solution identifiée, soit 75 % de l'effectif », explique Nicolas Préault, directeur général d'Arena France. En fait, derrière ce chiffre flatteur se cache une conception plutôt large de la notion de « solution ». Le chiffre avancé prend en compte, par exemple, 33 salariés dispensés de recherche d'emploi pour raison d'âge, ou encore 27 personnes qui ont décidé de se passer des conseils de l'antenne emploi mise en place par Arena. En fait, neuf mois après la fermeture de l'usine, seules 28 personnes ont retrouvé un CDI, dix travaillent en CDD, cinq ont créé leur entreprise et 18 sont en formation. Pour les autres, c'est encore la galère.

Le type de population à reclasser - des femmes souvent peu qualifiées et âgées d'une cinquantaine d'années - et l'absence d'employeurs du textile dans le secteur ne laissaient pas beaucoup d'espoir. « Nous ne nous satisfaisons pas de cette situation, mais nous constatons que l'entreprise a fait ce qui était possible pour trouver des solutions compte tenu du bassin d'emploi du Libournais », soulignait hier Yves Ratel, président de la chambre de commerce et d'industrie de Libourne. Un avis partagé par le maire Gilbert Mitterrand (PS) et le conseiller régional Philippe Buisson (PS), qui ont salué « un véritable partenariat et un vrai travail d'équipe entre l'entreprise et les collectivités ». Tous les ex-Arena ne sont pas aussi satisfaits du comportement de leur ancien employeur. Une centaine d'entre eux a engagé une procédure aux prud'hommes contre le motif de licenciement économique. Le jugement sera rendu mi-février.