Mondiaux de hockey: Comment les joueurs tiennent physiquement avec des matchs (presque) tous les jours ?

HOCKEY SUR GLACE On a posé la question à un médecin du sport...

Laetitia Dive

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Le défenseur des Boxers Nicolas Besch, sous les couleurs de l'Equipe de France.
Le défenseur des Boxers Nicolas Besch, sous les couleurs de l'Equipe de France. — JONATHAN NACKSTRAND / AFP
  • A partir de jeudi, les Bleus vont enchainer quatre matchs en cinq jours
  • Ils l'ont emporté ce mardi face à la Suisse (3-4)

Pas le temps de souffler. Après 44 matchs de saison régulière puis des playoffs jusqu’à fin mars, les défenseurs des Boxers Nicolas Besch et Jonathan Janil se sont accordés dix jours de pause… avant d’enchaîner sur cinq semaines de stages intensifs, puis sur le Mondial qui se tient en ce moment à Paris et Cologne. Mais comment les joueurs bordelais et leurs coéquipiers tiennent-ils physiquement ? On a interrogé Sofian Jaadouni, le médecin qui s’occupe des Boxers.

Pendant la saison régulière, c’est environ un match tous les trois jours… Que font les joueurs entre chaque rencontre pour se maintenir ?

Après les matchs, on organise des séances à la carte : certains restent sur la glace pour du travail de patinage, d’autres font ce qu’on appelle du « hors-glace » pour récupérer. Aux Boxers il y a souvent un passage vélo pour détoxifier les muscles, un travail d’étirement, un travail avec des rouleaux de massage et de la cryothérapie.

Les joueurs reçoivent aussi un apport protéiné alimentaire car dans l’heure qui suit l’effort musculaire, il faut reconstituer le stock de protéine détruit pendant l’exercice.

Pour le Mondial, le rythme s’accélère : sept matchs en dix jours. Les articulations sont mises à plus rude épreuve…

Dans le cas de Jonathan Janil et Nicolas Besch, ce sont deux internationaux qui commencent à avoir l’habitude, ils savent que les compétitions internationales font partie de leurs saisons.

Cette année, la Fédé avait établi un programme progressif sur un mois pour préparer… Ils ont eu des matchs amicaux pour l’entraînement et ils étaient encadrés. Ce mois leur a permis de récupérer de la saison mais aussi de partir sur la préparation physique pour les Mondiaux. Ce qui est certain, c’est qu’ils n’auraient pas pu enchaîner directement la saison et les Mondiaux.

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Les changements illimités de joueurs pendant un match, les périodes de jeu de vingt minutes… Ça permet de mieux se reposer ?

Ça participe probablement. Ça n’est pas le même type d’effort que pour le rugby par exemple : au hockey, les joueurs jouent avec une grosse intensité mais sur une période très courte. Un défenseur joue en moyenne vingt minutes par match. C’est plus simple de récupérer pour lui que pour un joueur de rugby qui joue 90 minutes.

Et il n’y a pas tant de blessés qu’on pourrait le penser : cette saison les Boxers ont joué 50 matchs contre 30 l’an passé et sur l’année, il y a eu le même nombre de blessés.

Certains joueurs de l’Équipe de France auront joué plus de 80 matchs cette saison : il faut une hygiène de vie irréprochable pour tenir ?

Oui, et c’est ce qui fait la différence entre ceux qui se blessent et les autres. Il faut faire attention à l’alimentation et au temps de sommeil. Jonathan Janil et Nicolas Besch sont très consciencieux et c’est ce qui leur a permis de devenir internationaux. Quand les grandes compétitions arrivent, ils ne sont pas blessés.

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