Bordeaux : La métropole veut rattraper son retard avec un « plan piscines » (mais ça va être long)

EQUIPEMENTS PUBLICS Huit nouvelles piscines devraient être construites dans les prochaines années sur l’agglomération et cinq autres vont être rénovées…

Elsa Provenzano

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La piscine judaïque a, elle, déjà fait l'objet d'une rénovation. - Photo : Sebastien Ortola
La piscine judaïque a, elle, déjà fait l'objet d'une rénovation. - Photo : Sebastien Ortola — S. ORTOLA / 20 MINUTES
  • La Métropole lance un plan à 20 millions d'euros pour aider les communes qui manquent de piscines.
  • L'idée de piscines démontables pour faire face à l'urgence est très critiquée par l'opposition socialiste. 

« On est un peu en retard dans ce domaine par rapport à certaines métropoles », concède Alain Cazabonne, maire de Talence et en charge de la délégation Proximité à Bordeaux Métropole. L’offre de piscines municipales proposée aux habitants était déjà basse mais elle s’amenuise encore ces dernières années, au fur et à mesure des fermetures de bassins vieillissants dont les communes ont reculé le plus possible l’espérance de vie, avant de se résoudre à les fermer.

Après l’annonce en janvier 2017 d’une fermeture prolongée de la piscine bordelaise Galin (jusqu’en 2022) pour travaux, et celles définitives d’Ambarès (juin 2014) et de Cenon (mars 2017), la piscine universitaire de Talence vient de fermer ses portes fin avril jusqu’en août 2018, pour des travaux sur ses vestiaires.

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14 piscines pour un bassin de 760.000 habitants

On recense 14 piscines au total sur l’agglomération, en excluant la piscine Stéhélin, ouverte uniquement l’été, pour un bassin de population de plus de 760.000 habitants. La Métropole a voté le 14 avril un « plan piscines » de 20 millions d’euros pour mettre en place la construction de huit nouvelles piscines (à Ambarès, Blanquefort, Bruges, Cenon, Eysines/Le Haillan, Le Taillan Médoc, Lormont et Mérignac) et lancer la rénovation de cinq déjà existantes (à Ambès, Bordeaux, Carbon-Blanc/Bassens, Floirac et Talence). Des chantiers au long cours « qui déborderont sûrement sur le prochain mandat », avertit Alain Cazabonne, et pour lesquels la Métropole devra peut-être rallonger le financement.

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« Selon la fédération française de natation, l’offre nécessaire pour répondre à la fois aux besoins des scolaires, des clubs et du grand public se situe en moyenne entre 0,017 et 0,020 m2 (de bassin) par habitant », précise le rapport de la Métropole. Avec 0,013 m2, l’offre actuelle sur l’agglomération bordelaise est insuffisante. « Les piscines coûtent très cher à entretenir, plaide Alain Cazabonne. Le stade nautique de Talence c’est un déficit de 400.000 à 500.000 euros par an. Les écoles viennent gratuitement, ces équipements vieillissent et les normes changent beaucoup aussi, en France ».

Des bassins amovibles pour faire face à la pénurie de piscines ?

L’idée portée par le maire de Talence et dont le principe a été admis par la Métropole est celui de recourir à l’acquisition d’un à deux bassins amovibles soit de 25 soit de 50 mètres. « Un bassin en dur, c’est 7 millions d’euros alors qu’une piscine amovible c’est 2 millions d’euros, souligne-t-il. La provisoire pourrait tourner sur la Métropole avant d’être installée sur un site métropolitain par la suite. »

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Pour acquérir ces bassins amovibles, il faut élaborer un cahier des charger et lancer un appel d’offres européen, « soit au moins sept mois de démarches administratives, estime Alain Cazabonne. Cela ne vaudrait pas le coup pour Talence (puisque la réouverture est prévue pour août 2018) mais peut-être davantage pour Galin (avec une réouverture envisagée pour 2022) ».

Cette option de recours aux piscines démontables a fait bondir l’opposition. « Avec l’effondrement progressif des équipements publics existants, et le manque d’équipements nouveaux nécessaires à une augmentation de population sans précédent à Bordeaux, le maire nous démontre son manque de vision et d’anticipation, tacle le socialiste Philippe Dorthe. Pour nous, le moment est venu de payer l’addition de ces choix dispendieux et peu maîtrisé, comme, entre autres les dépassements des budgets de la Cité du vin, du grand stade etc. »

D’ici la fin du mandat, en 2020, peu de projets de constructions seront réalisés. Le chantier d’Ambarès devrait figurer dans les premiers à sortir de terre. Au total, le coût de ce « plan piscines », en comprenant le projet privé prévu pour 2021 sur les quais de Paludate, s’élève à 100 millions d’euros.