Bordeaux: Pour SOS Racisme, «Il faut que la jeunesse fasse barrage au FN»

PRESIDENTIELLE Le rassemblement organisé par l'association pour contrer l'extrême-droite s'est transformé en manifestation sauvage portée par les partisans du «ni Macron, ni Le Pen»...

Laetitia Dive

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Le rassemblement a dérapé pour laisser place à une manifestation sauvage
Le rassemblement a dérapé pour laisser place à une manifestation sauvage — SOS Racisme

« On souhaite que Marine Le Pen face le score le plus bas possible (…) mais on n’appelle pas à voter Emmanuel Macron en particulier. On souhaite que les gens prennent leur responsabilité et qu’ils se mobilisent ».

Sur la place de la Victoire, Margaux, chargée de la communication pour SOS Racisme à Bordeaux, résume ce que prône son association en marge d’un rassemblement organisé contre la montée du Front National.

L’association a appelé à la mobilisation dès la publication des premières estimations dimanche : « Paris a lancé un appel national et on a directement publié cet appel sur les réseaux sociaux et via nos partenaires militants, nos amis… »

De nombreux lycéens

Ce lundi, ils sont entre 200 et 250 à avoir fait le déplacement. Parmi eux, de jeunes lycéens qui n’ont pas encore le droit de vote mais qui n’ont « pas envie de rester chez soi sans rien faire ».

D’ailleurs, aux côtés des membres de SOS Racisme, se trouvent ceux de la FIDL, le syndicat lycéen : « Notre but c’est de dire non à la haine et non à Le Pen », raconte Romain Leconte, 18 ans, porte-parole du mouvement.

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Et quand on lui demande comment il compte appliquer ce slogan dans les urnes, le jeune homme explique que l’organisation est apolitique et ne donne pas de consigne de vote : « On estime juste qu’il faut faire attention : là où Jean-Marie Le Pen parlait très crûment, Marine Le Pen adoucit ses propos. Donc on se mobilise pour dire tout fort ce qu’elle essaie de dissimuler pour gagner ».

Le rendez-vous était fixé dans une dizaine de villes en France
Le rendez-vous était fixé dans une dizaine de villes en France - SOS Racisme

 

Lui-même explique connaître deux électeurs du FN : « c’est la première fois qu’ils votent, comme moi », se désole-t-il. Et il croit avoir une explication à ce vote : « Le problème c’est qu’en 2017, en France, on n’instaure pas d’apprentissage citoyen pour expliquer ce que sont les différents partis. Du coup, certains jeunes qui ont peu de connaissance politique votent pour Marine Le Pen parce qu’ils en entendent parler sans connaître l’ensemble du programme ».

Départ d’une manifestation sauvage

Pendant ce temps, une centaine de personnes venues au rassemblement quitte brutalement la place pour se diriger vers la rue Sainte-Catherine. « Nous, on reste ici comme c’était prévu », explique Margaux.

Un membre de SOS Racisme, explique que la manifestation sauvage est probablement menée par des « anarchistes ou des militants d’extrême-gauche » qui ont choisi pour slogan « Ni Macron, ni Le Pen ».

« ils avaient envie de défiler ou de faire n’importe quoi », regrette le même jeune homme, avant de compléter : « j’en ai même entendu quelques-uns qui disaient « Laissez là devenir présidente, de toute façon on est foutus », c’est triste ».

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