Un risque sérieux de sécheresse est à craindre sur la Nouvelle-Aquitaine

ENVIRONNEMENT Les nappes phréatiques n'ont pas été suffisamment rechargées cet hiver et les pluies ont été insuffisantes. Les précipitations des prochains mois seront décisives...

Elsa Provenzano
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Les recharges hivernales des nappes phréatiques ont été insuffisantes sur la Nouvelle Aquitaine, selon le BRGM.
Les recharges hivernales des nappes phréatiques ont été insuffisantes sur la Nouvelle Aquitaine, selon le BRGM. — M.LIBERT/20 MINUTES
  • L'état des nappes souterraines et le manque de pluviomètrie laissent craindre une sécheresse.
  • Les conditions météo de ce printemps peuvent faire évoluer la situation.

On est loin de la sécheresse de 2003. Et pour l’instant, Olivier Cabaret, hydrogéologue au bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) Nouvelle Aquitaine, reste prudent, ne parlant pas de sécheresse mais de « conditions de recharge hivernale des nappes (de septembre à mars quand la végétation est moins gourmande en eau) défavorables ». Les sols et les plantes asséchés constituent un terrain favorable à la propagation d' incendies comme celui d’ampleur qui s’est déclaré à Cissac-Médoc, ce jeudi, et a détruit plus d’un millier d’hectares de pinède.

Du jamais vu depuis 1959

Chez Météo France, on parle bien d’une sécheresse météorologique, au sens où le manque de précipitations est criant. « Sur l’ensemble de la région Nouvelle-Aquitaine, les excédents pluviométriques enregistrés en novembre, février et mars sont loin de compenser les déficits cumulés depuis juillet 2016, explique Mireille Alleno, du service étude et climatologie de Météo France Bordeaux. Jamais les cumuls de précipitations rapportés en moyenne sur la région, sur la période du 1er juillet au 20 avril, n’ont été aussi faibles depuis 1959. Il est seulement tombé 50 à 60 % des quantités d’eau habituelles sur cette période sur les deux tiers nord de la Nouvelle-Aquitaine, de l’ouest du Limousin à la Gironde ».

Les niveaux des nappes régionales sont actuellement insuffisants de façon globale et le BRGM rapproche la situation de celle connue en 2012, année sur laquelle les niveaux des nappes avaient même pu être plus bas mais des pluies étaient intervenues en mai et juin, assurant une bonne recharge. Cette recharge hivernale des nappes a été relativement faible sur l’ensemble nord de la France tandis que le sud-est a été relativement épargné.

« Dans le Limousin, les Deux-Sèvres et en Gironde, une telle sécheresse des sols à cette époque de l’année se produit moins d’une fois tous les 10 ans », précise Mireille Alleno. « Sur l' l’Adour et le gave de Pau les niveaux (des nappes phréatiques) sont ceux qu’on observe habituellement à cette période de l’année, mais ils sont plus bas sur la Garonne et la Dordogne », complète Olivier Cabaret.

Les prochains mois seront décisifs

L’évolution des conditions météorologiques des trois prochains mois sera décisive. Actuellement les températures sont supérieures aux normales saisonnières en journée et l’ensoleillement dépasse déjà la normale d’un mois d’avril complet, selon météo France.

« La vérité d’une année n’est pas celle de celles qui vont suivre, avance Olivier Cabaret. 2012 a été une année défavorable, mais de 2014 à 2016 cela a été plutôt bon. » Des niveaux bas, plusieurs années de suite, rendraient la situation préoccupante mais pour l’instant, les observateurs attendent de voir comment se déroulera le printemps.