Emilie Andéol: «Ce n’est pas parce qu’on est champion olympique qu’on est invincible»

JUDO La médaillée d'or participe aux championnats d'Europe à Varsovie du 20 au 23 avril...

Laetitia Dive

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La judokate avait ému par ses larmes de joie lors de sa victoire aux JO.
La judokate avait ému par ses larmes de joie lors de sa victoire aux JO. — Jack Guez

C’était le 12 août 2016 à Rio de Janeiro. Après l’avoir emporté face à la Cubaine Idalys Ortiz, alors tenante du titre, la judokate bordelaise Émilie Andéol recevait la médaille d’or aux JO (catégorie des plus de 78 kg) et se laissait aller à des larmes de joie devant les télévisions du monde entier. Ce jeudi, elle sera à Varsovie pour les Championnats d’Europe… et elle espère bien y prouver qu’elle n’a rien lâché depuis son sacre au Brésil.

En Championnats d’Europe, vous avez déjà raflé deux médailles d’or et une d’argent, comment vous les envisagez cette année ?

Pour moi, c’est que du bonus car ça n’est pas vraiment mon objectif final qui sera plus en août avec les championnats du Monde à Budapest (du 28 août au 3 septembre). Varsovie je le prends comme une première étape pour tester ma mobilité, ma combativité et, pourquoi pas, décrocher une autre médaille d’or.

Vous allez côtoyer des judokates plus jeunes que vous, ça vous met la pression de voir arriver une nouvelle génération ?

Non. Etre avec des plus jeunes ça me motive car je me dis que j’ai pas envie de me faire piquer ma place par les petites jeunes. Je rentre dans la catégorie des trentenaires donc forcément je commence à faire partie des plus âgés, mais j’essaie de me convaincre que ce ne sont pas les petites jeunettes qui vont me mettre à la retraite ! Et, le jour où je pars, ça ne sera pas grave car j’aurai déjà mon palmarès. Ça voudra juste dire qu’il est temps que je décroche.

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Le fait d’arriver avec un titre de championne olympique, ça veut dire que vous n’avez pas le droit à l’erreur ?

Ce n’est pas parce qu’on est champion olympique qu’on est invincible. Cette médaille ne va pas m’empêcher de tomber. Que je sois championne olympique ou pas, j’aurais été aux championnats d’Europe dans tous les cas, et pour y faire quelque chose. Maintenant, ce qui change, c’est qu’il faut plus gérer la pression vis-à-vis de cette médaille : on ne va pas se mentir, je suis beaucoup plus attendue qu’avant lors des championnats, des entraînements et même médiatiquement. Mais moi, je considère que j’ai toujours droit à l’erreur, surtout qu’il y a des défaites qui font grandir.

Votre médaille doit tout de même changer le regard que portent vos adversaires sur vous…

C’est certain, je l’ai remarqué en stage ou aux entraînements : elles rentrent plus méchamment, elles essaient plus de me faire mal. Mais quand on se bat contre des champions du monde ou des champions olympiques, ça fait peur, donc on réagit plus fort. Je me souviens que moi, avant mon titre, ça me transcendait. Je me disais : « Tu n’as rien à perdre donc vas-y, fonce ». Tout le monde se dit que, si on peut gagner un champion olympique, ça sera encore mieux !

Quels sont vos futurs objectifs ?

Ça me tiendrait vraiment à cœur d’avoir un titre mondial à Budapest cet été. Ensuite, tant que je prends du plaisir en faisant du judo, je continuerai. Si je suis toujours là en 2019, pourquoi pas les Jeux en 2020 (…) Pour l’instant je continue à m’entraîner de la même façon, comme depuis toujours. Si je me repose sur mes lauriers, ça ne servirait à rien que je poursuive. Dans le judo, il y a toujours des choses à apprendre, des axes sur lesquels avancer, même pour quelqu’un comme Teddy Riner !

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