Landes: Amende pour «l'homme en slip» et amendes avec sursis pour des chasseurs d'ortolans

CHASSE Jean-Marc Dutouya a été condamné pour violence contre des membres de la LPO, mais relaxé concernant la chasse prohibée…

M.B. avec AFP
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Les images de " l'homme en slip et à la pelle" avaient beaucoup tourné sur les réseaux sociaux au moment de l'affaire.
Les images de " l'homme en slip et à la pelle" avaient beaucoup tourné sur les réseaux sociaux au moment de l'affaire. — GAIZKA IROZ / AFP

Il est maintenant connu comme « l’homme en slip. » Un chasseur landais, devenu malgré lui une star des réseaux sociaux en 2015 via sa photo, en slip et pelle en main, a été condamné jeudi à Dax (Landes) à une amende pour violence contre des membres de la Ligue de protection des oiseaux (LPO), mais relaxé de chasse prohibée.

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Trois mois de prison avec sursis avaient été requis à l’audience en février contre Jean-Marc Dutouya, ainsi qu’une amende de 400 euros et un retrait du permis de chasse de 6 à 12 mois. Le tribunal correctionnel de Dax l’a condamné à 800 euros d’amende pour les violences, mais l’a relaxé « de chasse avec engin prohibé », sans lui retirer son permis.

Les membres de la LPO avaient détruit des matoles, des pièges à oiseaux

Le 9 novembre 2015, une demi-douzaine de membres de la LPO, dont son président, Allain Bougrain-Dubourg, avaient pénétré dans un champ du village d’Audon (Landes) pour détruire plusieurs matoles (pièges à petits oiseaux) afin de dénoncer le braconnage de pinsons, une espèce protégée.

Les militants, et des journalistes les accompagnant, avaient été violemment pris à partie par les propriétaires, la famille Dutouya, certains prenant des coups de pelle tandis que la mère de Jean-Marc Dutouya, âgée de 86 ans, était bousculée par des militants.

Des amendes allant jusqu’à 3.000 euros

L’altercation avait duré plusieurs minutes jusqu’à l’arrivée des gendarmes. L’image du sexagénaire Jean-Marc Dutouya, sortant de chez lui en slip et tee-shirt, brandissant sa pelle face aux militants LPO, avaient alors enflammé les réseaux sociaux par d’innombrables détournements de la photo. Son avocat avait déposé une plainte pour atteinte à l’image, qu’il entend réactiver après le jugement de jeudi.

Le frère de Jean-Marc Dutouya, contre qui « 4 à 5 mois » de prison avec sursis avaient été requis, a été condamné à une amende de 800 euros. Son fils, à 400 euros d’amende. Tous trois devront verser à la LPO, à trois de ses membres dont M. Bougrain-Dubourg, à France Télévisions, des dommages et intérêts allant de 131 à 3.000 euros.

Pour son avocat Me Frédéric Dutin, Jean-Marc Dutouya « en a marre » de cette affaire mais est néanmoins « très content » que le tribunal ait reconnu qu'« il n’est pas un braconnier. » Me Dutin a relevé un jugement « paradoxal » qui octroie à la LPO des dommages et intérêts « alors qu’elle a participé à son préjudice, en venant chez les Dutouya, où elle n’avait rien à faire, dénoncer un acte que le tribunal reconnaît légal. » Pour cette raison, l’avocat pourrait faire appel sur la partie civile des dommages et intérêts.

13 chasseurs condamnés jeudi pour une chasse aux ortolans

Par ailleurs, dans une affaire distincte de chasse dite « traditionnelle » aux ortolans (passereau protégé, mais prisé des gastronomes), jugée le même jour à Dax, 13 chasseurs ont été condamnés jeudi à des amendes de 500 euros avec sursis, sans retrait du permis de chasse comme requis à l’audience.

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Une « décision d’apaisement » s’est félicité leur avocat, Me Dutin, qui pourrait néanmoins faire appel, pour « un combat de principe, pour une tolérance de pratiques traditionnelles que l’on veut voir consacrée. » Une « condamnation effective pour braconnage », a pour sa part salué la LPO, qui s’est vu octroyer des dommages et intérêts allant de 650 à 1.300 euros par chasseur.

En décembre dernier à Mont-de-Marsan, onze autres chasseurs, à l’ortolan notamment, avaient été condamnés à des amendes, en partie fermes celles-là, et des retraits provisoires de permis. Ces jugements consécutifs « viennent confirmer que ces actes sont illégaux et que ceux qui les commettent le savent », a estimé la LPO, qui a promis d’être « présente durant l’automne 2017 pour vérifier que ces pratiques délictuelles ont bien cessé » sur le terrain.