Incendie à la «Charcuterie Bordelaise»: Le gérant mis en examen

JUSTICE Arnaud Chedhomme a été mis en examen pour destruction par moyen dangereux. Il a été laissé en liberté sous contrôle judiciaire…

M.B. avec AFP

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Incendie sur le site de production de la Charcuterie Bordelaise à Villenave d'orion
Incendie sur le site de production de la Charcuterie Bordelaise à Villenave d'orion — Facebook

Il avait été arrêté puis placé en garde à vue lundi. Le gérant de la Charcuterie bordelaise, entreprise brièvement arrêtée en début d’année après la découverte d’une bactérie dans des produits, a été mis en examen mercredi en lien avec l’incendie qui avait détruit l’usine en février, a-t-on appris auprès du parquet de Bordeaux.

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Arnaud Chedhomme a été mis en examen pour destruction par moyen dangereux et laissé en liberté sous contrôle judiciaire. Un cadre commercial de l’entreprise, Philippe Charron, a été mis en examen pour complicité. Il a également été placé sous contrôle judiciaire. Le parquet avait annoncé dans la matinée l’ouverture d’une information judiciaire.

« Présence d’accélérants » trouvés dans les décombres

Les deux hommes avaient été placés en garde à vue lundi, dans l’enquête sur l’incendie qui avait détruit dans la nuit du 16 au 17 février l’usine de la charcuterie, employant une cinquantaine de personnes, à Villenave d’Ornon, dans la banlieue bordelaise. L’incendie avait mobilisé 80 pompiers.

Selon le parquet, les investigations techniques « ont permis d’établir la présence d’accélérants, la violence des flammes ayant conduit à la destruction complète de l’établissement. » En outre, « la vérification des téléphonies de plusieurs membres de la société ainsi que le recueil de témoignages privilégient la thèse de l’incendie criminel. »

La liquidation judiciaire de l’entreprise prononcée mercredi

L’entreprise était en redressement judiciaire depuis mi-2015. Le tribunal de commerce a prononcé sa liquidation mercredi.

La Charcuterie Bordelaise avait connu des difficultés ces dernières années, liées notamment à des retraits de produits après la découverte de bactéries Listeria monocytogenes. Huit produits avaient été retirés en janvier – retraits contestés par la marque sur la base de ses analyses – et d’autres produits avaient été retirés un an plus tôt, en décembre 2015 puis en janvier 2016, pour les mêmes motifs.

L’usine avait été arrêtée par la préfecture en janvier

En janvier dernier toutefois, le rappel des produits avait entraîné l’arrêt immédiat par la préfecture de Gironde de la production et de la distribution de la majorité des produits de l’entreprise, invoquant des « manquements graves » à la sécurité des denrées.

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Le 1er février, le tribunal administratif de Bordeaux suspendait cet arrêt. Quinze jours plus tard et sur fond de retard de salaires pour le personnel, l’usine brûlait.