Accidents d'hélicoptère à Pau: Annulation des mises en examen des ex-cadres de la Sécurité civile

JUSTICE Quatre personnes sont mortes dans des accidents d'hélicoptère en 2003 et 2006 dans les Hautes Pyrénées...

E.P. avec AFP

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Deux accidents ont eu lieu dans les Hautes-Pyrénées en 2003 et 2006. Photo : Sebastien Ortola
Deux accidents ont eu lieu dans les Hautes-Pyrénées en 2003 et 2006. Photo : Sebastien Ortola — S. Ortola / 20 Minutes

La justice a annulé ce mardi la mise en examen de deux ex-responsables de la Sécurité civile, pour homicides et blessures involontaires, après des accidents d’hélicoptères qui avaient fait quatre morts dans les Hautes-Pyrénées en 2003 et 2006, a-t-on appris de sources judiciaires.

La chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Pau a ordonné l’annulation de la mise en examen des deux principaux responsables du Groupement d’hélicoptères de la Sécurité civile de l’époque, dans des délibérés faisant suite à des audiences distinctes fin février puis en mars, a-t-on précisé auprès des parties et du parquet général. Aux audiences, le parquet général avait requis la nullité des mises en examen prononcées à l’été 2016.

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Le type d’appareil en cause ?

Les deux accidents étaient survenus dans les Hautes-Pyrénées à moins de trois ans d’intervalle et sur le même type d’appareil, des hélicoptères de secours EC 145, fabriqués par Airbus Helicopters (ex-Eurocopter).

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Dans le premier, le 20 juillet 2003, l’appareil avait heurté la montagne dans le secteur de l’Arbizon. Un membre d’équipage --un CRS-- avait été tué et deux autres grièvement blessés, dont le pilote qui comptait 7.000 heures de vol.

Lors du second, le 5 juin 2006, l’hélicoptère était parti en vrille et s’était écrasé à l’issue d’une manœuvre dans le secteur de Gavarnie. Trois occupants --le pilote, un mécanicien et un CRS avaient été tués-- et un CRS avait été grièvement blessé.

« Une immense déception »

Une enquête préliminaire, portant notamment sur l’autorisation de mise en service des appareils concernés, avait été classée sans suite en 2008 par le parquet de Tarbes, mais une information judiciaire avait été ouverte à la suite d’une plainte avec constitution de partie civile déposée par l’avocat de familles de victimes du crash de 2006.

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Cet avocat, Maître Pierre Santi, a exprimé mardi l'« immense déception » des parties civiles dans un dossier qui « après onze ans n’avance pas, ce qui est inacceptable ». Un « dossier sensible », selon lui, en raison du « très gros enjeu économique qu’est le marché mondial des hélicoptères ». Il a indiqué avoir déposé une requête en dépaysement de l’instruction auprès du Procureur général de Pau.