L'école modulaire a ouvert à la rentrée 2016 et devrait accueillir des enfants jusqu'en 2020.
L'école modulaire a ouvert à la rentrée 2016 et devrait accueillir des enfants jusqu'en 2020. — M.Bosredon / 20 Minutes

EDUCATION

Bordeaux: Davantage d'écoles provisoires à la rentrée, pour faire face à l'afflux d'élèves

A la rentrée 2017, 1.000 écoliers supplémentaires vont être accueillis sur les bancs des établissements Bordelais et deux écoles provisoires, en plus de celle qui existe déjà sur «le jardin de ta soeur», vont ouvrir...

« Certains disent que les familles se font chasser hors de Bordeaux mais la démographie continue de se développer et les effectifs scolaires augmentent, avec un millier d’écoliers supplémentaires accueillis à la prochaine rentrée scolaire », a raillé Alain Juppé, maire de Bordeaux, lundi 3 avril, à l’occasion de la présentation des projets de construction de groupes scolaires de la ville pour les années à venir. Le maire précise que c’est le Rectorat qui gère ses effectifs et qu’ils seront à ajuster jusqu’au dernier moment.

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Pour faire face à l’augmentation de la population écolière, la ville de Bordeaux a prévu d’ouvrir trois groupes scolaires à la rentrée 2017, dont deux provisoires, l’un dans le secteur Abadie du quartier de la Bastide et l’autre dans celui d’Alfred Daney, aux Bassins à flot. L’école élémentaire Barbey, en dur celle-ci, ouvrira pour de bon et complétera la maternelle, qui est déjà en activité.

Pas des « cabanes de chantier »

Depuis la rentrée 2016, certains écoliers bordelais sont scolarisés dans l’école modulaire Jean-Jacques Sempé, installé près du square appelé « le jardin de ta sœur ». Le site retenu en amont pour la construction du groupe scolaire, rue de la Faïencerie, s’était révélé pollué au radium et la mairie avait alors adopté l’école Sempé en plan B. « La mairie a acheté ses constructions modulaires (la décision a été actée lors du conseil municipal du 3 avril) et va les amener de quartier en quartier », craint Emmanuelle Ajon, conseillère municipale socialiste.

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« Les bâtiments modulaires n’ont plus rien à voir avec ce que nous connaissions il y a 10,15 ou 20 ans, assure Emmanuelle Cuny, adjointe au maire chargée de l’éducation. Dans des villes des Pays-Bas ou même au Havre, ce sont de vrais logements pour des familles et des étudiants au quotidien, il ne faut pas non plus penser à des cabanes de chantier ! A Jean-Jacques Sempé, vous êtes vraiment dans une école. » Son opposante socialiste ne l’entend pas de cette oreille, pointant des « conditions phoniques » dégradées dans ce type de construction.

Un manque d’anticipation de la mairie ?

« Nous avions anticipé cette arrivée de nouveaux bordelais, nous avions cette construction qui devait ouvrir en septembre 2016 (mais de la pollution a été décelée au dernier moment sur le terrain), se défend Emmanuelle Cuny. Et, pour remédier à ce déficit, dû à quelque chose que nous n’avions pas prévu et que nous ne pouvions pas prévoir, nous avons créé l’école Jean-Jacques Sempé. » Cette école provisoire va accueillir des enfants jusqu’en 2020, date à laquelle deux groupes scolaires de 14 classes chacun devraient ouvrir.

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Mais deux écoles provisoires supplémentaires vont aussi ouvrir à la rentrée 2017. « On voit bien que la pollution n’était pas la cause première, commente Emmanuelle Ajon. La ville n’a pas souhaité lancer en amont la construction d’équipements publics. C’est une politique de retard voulue pour lisser dans le temps ses investissements publics. » A la Bastide, elle reconnaît que l’école modulaire va désengorger les écoles du quartier mais elle estime que les habitants du secteur sont lésés car ils paient des impôts et ne bénéficient pas des mêmes conditions de scolarisation que les autres Bordelais.

Dans les prochaines années un groupe scolaire doit sortir de terre dans le quartier Ginko de Bordeaux Lac et d’autres sont aussi prévus sur le périmètre Euratlantique.

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« Un choix budgétaire »

Le maire de Villenave d’Ornon ( divers droite) a refusé des permis de construire car les équipements publics ne suivaient pas. « On peut donc choisir de le faire », souligne Emmanuelle Ajon qui estime que la Ville a été davantage préoccupée par l’accroissement de son rayonnement touristique que par l’accompagnement des habitants. « L’implantation d’écoles provisoires, cela n’existe qu’à Bordeaux (dans la Métropole) c’est un choix budgétaire ».

Le conseil de Bordeaux Métropole a voté une enveloppe de 8 millions d’euros après de nombreuses demandes de communes dont la démographie augmente et qui ont besoin de créer des écoles. Sur les 8 millions d’euros, 4 seront directement mobilisables en 2017. Ce soutien financier sera accordé aux communes qui s’engagent à démarrer les travaux en 2017-2018. L’agence d'urbanisme A’urba a aussi été chargée de réaliser une étude prospective sur les besoins de la Métropole en matière d’équipements scolaires d’ici 5 à 10 ans.