Bordeaux: Une idée pour les professionnels à l'étroit dans leurs cuisines

ECONOMIE Deux Bordelais préparent l'ouverture prochaine d'une cuisine professionnelle destinée aux cuisiniers qui manquent de place, mais aussi aux particuliers pour des événements (mariage, réunions de famille etc.)...

Elsa Provenzano

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Le laboratoire est ouvert aux food-trucks, chefs à domicile, traiteurs et particuliers souhaitant cuisiner pour un événement.
Le laboratoire est ouvert aux food-trucks, chefs à domicile, traiteurs et particuliers souhaitant cuisiner pour un événement. — MYCHELE DANIAU / AFP

« On n’est pas cuisiniers, mais on adore la bouffe, raconte Julian Le Goff, commercial et cofondateur de « Coloc 2 chefs » qui proposera à partir de cet été un espace partagé aux cuisiniers, dans le bas Lormont. On a goûté plusieurs food-trucks sur Bordeaux et c’est en discutant avec quelques gérants qu’on a remarqué qu’ils manquaient d’un lieu pour produire en quantité, dans les normes d’hygiène imposées. » La plupart se débrouillent comme ils peuvent et cuisinent chez eux ou dans leurs camions.

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« Le concept existe aux Etats-Unis depuis 30 ans et depuis 2013 à Paris », pointe Julian Le Goff. « Les camionneuses » se sont lancées en mars 2014 à Vincennes et « Kitchen on demand » fonctionne aussi sur ce principe à Palaiseau. « Coloc 2 chefs » est le premier à se lancer dans la région bordelaise.

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Une centaine de pros intéressés 

Julian Le Goff et son associé Jean Eude Borde travaillent à temps plein sur leur projet après avoir quitté leurs CDI respectifs, depuis le mois de juin dernier. « Depuis quelques années ces métiers autour de la cuisine (chefs à domicile, traiteurs, pâtissiers, chocolatiers, confiseurs, food-trucks) se développent et il y a une recherche d’indépendance, estime Julian Le Goff. On a recensé une centaine de personnes très intéressée par ce service sur la métropole. »

Tous les moyens de production (fours, frigos, tables), mais aussi les casseroles, poêles et marmites ainsi que les produits d’entretien sont à la disposition des clients de ce service. Et chaque cuisinier apporte ses ustensiles (couteaux, fouet etc.) avec lui.

Des packs forfaitaires sont proposés aux clients avec un tarif dégressif plus le nombre d’heures de location est élevé. Le tarif va de 20 à 27 euros par heure, « ce qui nous situe dans la moyenne de ce qui se fait en France », assure le cogérant de la société.

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Huit postes de travail 

Le local, un ancien laboratoire remis aux normes, s’étend sur 220 m2 et est située dans le Bas Lormont, près de Bordeaux, à proximité de la rocade. Huit postes de travail seront disponibles au maximum, avec des espaces de stockage. Si le lieu s’adresse principalement aux indépendants de la cuisine qui manquent de place, les particuliers pourront aussi louer la cuisine « pour faire à manger pour toute la famille, à l’occasion d’un mariage par exemple », précise Julian Le Goff. Des formations ou des stages pourront aussi être proposés ponctuellement.

L’ambition des associés est de créer une « communauté d’utilisateurs » en faisant cohabiter des gens qui peuvent être concurrents et en suscitant des échanges pour étoffer une carte, améliorer une recette etc. Un an après l’ouverture, ils envisagent de former un groupement d’achats pour les légumes, les fruits et les denrées sèches, en privilégiant les produits locaux ou bios. « L’idée est de leur faire gagner de l’argent en achetant de plus gros volumes », glisse Julian Le Goff. L’avenir leur dira si le filon de la cuisine partagée fait recette…