L'idée d'une start-up Bordelaise pour rapprocher les food-trucks des salariés, à l'heure du déjeuner

ECONOMIE Il y a deux ans, trois étudiants en école de commerce ont eu l’idée d’étoffer l’offre de restauration des grandes entreprises en créant une plateforme qui les met en relation avec les camions-cantines…

Elsa Provenzano

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La plateforme met en relation les food-trucks et les entreprises.
La plateforme met en relation les food-trucks et les entreprises. — Food Truck Agency

« On dispose d’un réfectoire où l’on peut réchauffer des plats mais il n’y a pas de restaurant d’entreprise, explique Audrey Ferrando, assistante logistique chez CGI, une entreprise de services en technologies de l’information, implantée au Haillan, dans la métropole bordelaise et qui emploie 800 personnes. Et autour du site, il n’y a pas grand-chose si on veut déjeuner rapidement et pour pas trop cher. »

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Pour les entreprises de plus de 200 salariés

Chargée de trouver une solution pour améliorer l’offre de restauration proposée aux employés, elle s’intéresse alors aux food-trucks, très à la mode. C’est de cette façon qu’elle découvre sur le net Food Truck Agency, une plateforme lancée en juin 2015 par trois jeunes Bordelais fraîchement diplômés d’une école de commerce, qui met en relation les food-trucks et les entreprises de plus de 200 salariés.

L’entreprise a fait son choix parmi une liste de camions-cantines inscrits sur la plateforme et ils se présentent à tour de rôle sur le parking de l’entreprise. « Il y a un food-truck différent chaque jour, on trouve un peu de tout [des burgers, de la cuisine vietnamienne, turque, etc.] et les produits sont frais, ce ne sont pas des camions à sandwichs », souligne Audrey Ferrando.

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Food Truck Agency estime qu’en moyenne 20 % des salariés de l’entreprise concernée vont faire le choix de se restaurer auprès du camion-restaurant. La start-up pour laquelle Bordeaux fait office de laboratoire travaille avec une quinzaine d’entreprises dans toute la France. Elle joue un rôle de « rapporteur d’affaires pour les food-trucks », précise Mathieu Monereau, l’un des trois fondateurs.

L'activité est en plein essor sur la métropole.
L'activité est en plein essor sur la métropole. - Food Truck Agency

Un réseau d’environ quarante cantines mobiles bordelaises proposant une trentaine de styles culinaires différents est inscrit sur la plateforme. Pour bénéficier d’un emplacement à proximité immédiate des entreprises, elles paient à la start-up un loyer, basé sur le potentiel commercial (soit le nombre de repas servis en moyenne), et elles versent une commission quand elles interviennent sur des événements privés. Les entreprises ne paient rien pour faire venir les food-trucks.

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« L’emplacement, clé du succès »

« On a compris qu’on avait un rôle à jouer dans les zones dépourvues de restauration », souligne Mathieu Monereau, qui explique être à la recherche de nouveaux emplacements sur la métropole. En région parisienne, il faut parfois deux food-trucks par jour pour une même entreprise, afin de répondre à la demande. La start-up a identifié 800 food-trucks qui correspondent à son cahier des charges en France et a déjà commencé à se développer à Paris, Lille, Lyon, Nantes, Toulouse et Strasbourg.

De trois à quatre food-trucks sollicitent chaque jour la jeune entreprise. « Les clients sont demandeurs car l’emplacement c’est la clé du succès », estime le cofondateur. La start-up développe une application qui permettra dans les prochains mois de réserver en ligne et de diminuer ainsi le temps d’attente devant le camion mobile.