Environnement: EcoMégots veut faire de Bordeaux la première ville «zero mégot»

ENVIRONNEMENT Ce projet vise à installer dès le mois d’avril des bornes de collecte de mégots de cigarettes, qui seront ensuite recyclés en meubles en plastique…

Mickaël Bosredon

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Des mégots de cigarettes.
Des mégots de cigarettes. — GILE MICHEL/SIPA

Rien que sur Bordeaux, on estime que 200 millions de mégots par an seraient jetés à terre, soit 35 tonnes. C’est ainsi que le projet EcoMégots vise à créer une zone « zéro mégot » en expérimentant un modèle de collecte, de tri et de recyclage des mégots.

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« On a fait des comptages à proximité de lycées bordelais, où jusqu’à 400 mégots par jour sont jetés. Place Stalingrad, on estime que c’est 250.000 mégots par an qui finissent par terre » explique Erwin Faure, fondateur du projet EcoMégots.

L’expérimentation sera réalisée à partir du 17 avril à la gare Saint-Jean et dans un quartier de Bordeaux rive droite, pour l’installation d’une centaine de bornes dans tous les lieux à proximité d’espaces fumeurs. Elle inclura aussi la collecte, le tri, la préparation de la matière et sa transmission dans une filière de recyclage. La filière transformera le mégot en matière plastique pour fabriquer du mobilier.

Projets de bornes de collectes de mégots pour la ville de Bordeaux
Projets de bornes de collectes de mégots pour la ville de Bordeaux - EcoMégots

« Les mégots finissent souvent dans la Garonne »

Le filtre d’une cigarette, qui contient une forme de plastique, est source de nombreux problèmes écologiques : sa biodégradabilité peut aller de 18 mois à 12 ans selon le milieu dans lequel il se trouve ; un seul mégot peut polluer jusqu’à 500 litres d’eau, causer la mort des animaux marins qui l’ingèrent ou provoquer des départs d’incendies (16 % des départs). « En ville, poursuit Erwin Faure, la plupart des mégots finissent dans les stations d’épuration ou dans la Garonne. »

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Ce projet d’un coût d’environ 100.000 euros est soutenu par Suez, la région Nouvelle-Aquitaine à hauteur de 25.000 euros, par le fonds social européen à hauteur de 16.000 euros, et Bordeaux Métropole.

La collecte s’effectuera à vélo

Le projet EcoMégots est né au début de l’année 2016, suite à des initiatives vues à l’étranger (Vienne, Shangaï). La création de l’association de préfiguration, Meegot, est effective depuis le 23 juillet dernier.

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« On va maintenant entrer dans la phase concrète, explique Erwin Faure, avec un gros travail de sensibilisation à effectuer, pour convaincre les gens de déposer leurs mégots dans une borne dédiée. Ensuite, ce sera l’installation des bornes, qui ont été désignées par Hurlu Design, basé à Darwin. Ensuite, il y aura le recrutement de deux personnes, dont celle qui effectuera la collecte, à vélo. »

Dupliquer le modèle dans d’autres villes

La phase de recyclage n’entrera en vigueur qu’en novembre ou décembre, « mais sera réalisée localement, à Bordeaux ou dans le Libournais. » « Après, il faudra consolider notre modèle économique, qui reposera sur un abonnement payant par des entreprises clientes pour l’installation de bornes. »

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L’ambition d’EcoMégots est de faire de Bordeaux « la première ville zero mégot. » Puis de dupliquer son modèle dans d’autres métropoles de France.