Bordeaux: Vous connaissiez Blablacar ? Pour les surfeurs, il y a Co-rider

GLISSE Le site propose aux amateurs de glisse des covoiturages aller-retour...

Laetitia Dive

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Les utilisateurs ont en général des véhicules adaptés au transport du matériel de glisse.
Les utilisateurs ont en général des véhicules adaptés au transport du matériel de glisse. — Laetitia Dive

« Notre objectif est de connecter les membres de la communauté glisse pour qu’ils partagent une session de covoiturage », résume François Naud, l’un des trois fondateurs de la plateforme co-rider.

Depuis deux ans, les utilisateurs de ce site peuvent proposer ou rechercher des trajets vers les endroits où ils souhaitent s'adonner à leur passion. Si, au début, la plateforme était surtout tournée vers les surfeurs, aujourd’hui, de plus en plus d’amateurs de sports d’hiver s’y inscrivent : « Pour le ski, tout le monde est une cible potentielle. »

Inscription gratuite

L’adhésion à Co-rider se fait en ligne et de manière gratuite. Seul prérequis : avoir plus de 18 ans. « On a actuellement 10 000 adhérents, dont 2000 à Bordeaux. Mais sur ce nombre, seuls 20 % sont des membres actifs », précise-t-il.

Le site propose un tarif de base que le conducteur peut modifier.
Le site propose un tarif de base que le conducteur peut modifier. - co-rider (capture d'écran)

Constant Gargoullaud, 24 ans, a longtemps fait partie des inscrits les plus investis : « J’ai commencé à l’utiliser après mon retour du Nicaragua. Tous mes potes travaillaient, donc ça m’a permis de trouver du monde pour partir surfer. » Le jeune homme vante les mérites du service : « C'est pas mal pour partager les frais et il y a de la demande. Pendant une période, je faisais complet, même en semaine. »

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Lors de ses trajets vers Lacanau ou Le Porge, Constant Gargoullaud a souvent sympathisé avec ses compagnons de route : « On fait connaissance pendant le trajet, puis on surfe côte à côte toute la journée, ça crée des liens. » Il lui est même arrivé d’échanger son numéro et de repartir surfer avec certains d'entre eux, comme de les voir à Bordeaux.

Pour François Naud, le risque que court le site est que les adhérents finissent par s’en affranchir en s’organisant entre eux. Mais il relativise : « C’est toujours difficile de demander de la thune à des potes. Là, il y a une assurance pour le conducteur d’être remboursé. »

Une volonté de fidéliser

Pour fidéliser ses inscrits, Co-rider propose ainsi des bons plans, à la montagne comme à la mer. « On est partenaires avec N’Py [exploitant des stations pyrénéennes] et nos membres ont 10 % de réduction sur les forfaits. On propose aussi des solutions d’hébergement à tarif réduit à Gourette. »

Des avantages qu'apprécie grandement Constant Gargoullaud, qui met aussi en avant le fait qu'en surf, il faut toujours se fier à la météo, « parfois le matin même », pour organiser une session. Or, les proches ne sont pas toujours disponibles aux meilleurs horaires. Cela permet donc de proposer un aller-retour à ceux qui sont disponibles… et de leur faire généralement profiter d’un véhicule adapté au transport du matériel.

S’étendre ailleurs

Le site est aujourd’hui utilisé dans d’autres villes : « A Grenoble, ça marche très, très fort pour les trajets vers la montagne et pendant toutes les saisons. En l’hiver, il y a environ une quinzaine de sessions ski qui sont proposées chaque jour. » Les communautés de Toulouse et Lyon sont également très demandeuses. « On pense à Marseille, Nantes, Montpellier… », complète François Naud, qui espère toucher au moins une dizaine de villes en France. L'objectif étant, à terme, de s’implanter à l’étranger : « Cette solution n’existe ni en Californie ni en Australie où il y a pourtant de grosses communautés surf, s’étonne François Naud. En Europe aussi, on a un énorme potentiel avec 20 millions de personnes qui pratiquent des sports de glisse… dont cinq millions en France. » 

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