Or en Nouvelle-Aquitaine: «Les compagnies minières ne sont pas les bienvenues»

ENVIRONNEMENT Dans la Creuse et dans les Pyrénées-Atlantiques, deux sites font l'objet des convoitises de compagnies minières à la recherche d'or. Des projets fortement contestés...

Mickaël Bosredon

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Illustration de l'exploitation d'une mine d'or
Illustration de l'exploitation d'une mine d'or — sudmine

Une nouvelle ruée vers l’or… Alors que l’exploitation de ce précieux minerai était à l’abandon depuis le début des années 2000, il suscite de nouveau l’intérêt des compagnies minières depuis trois ans. Deux sites en Nouvelle-Aquitaine sont en première ligne, ce qui provoque le tollé de certaines associations et de la plupart des élus locaux. Explications…

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Où trouve-t-on de l’or en France ? Les différents gisements dans la métropole représenteraient environ 50 tonnes d’or, situés essentiellement dans l’Ouest de la France, en Bretagne et en Nouvelle-Aquitaine. A titre de comparaison, la France métropolitaine avait produit quelque 180 tonnes d’or au XXè siècle. La dernière mine d’or métropolitaine a fermé en 2004, l’extraction du minerai devenant de plus en plus polémique en raison de ses conséquences environnementales. Mais sous le dernier quinquennat, et sous l’impulsion d’Arnaud Montebourg lorsqu’il était ministre du Redressement productif, 74 permis exclusifs de recherches ont été accordés à différentes compagnies sur l’ensemble du territoire.

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Pourquoi ce regain d’intérêt pour les mines d’or ? Parce que le cours du minerai remonte fortement. Situé à 450 dollars en 2005, le prix de l’once d’or a flambé jusqu’à 1.800 dollars en 2012, et se trouve encore dans le haut de la fourchette aujourd’hui, à 1.240 dollars (soit 40 dollars le gramme). La demande mondiale de l’or vient essentiellement de la bijouterie (60 %), des applications industrielles (15 %) et de l’investissement dans l’or (25 %). Cette dernière demande est en pleine croissance depuis sept ans et la crise financière de 2008.

Quels sont les sites en Nouvelle-Aquitaine ? Il y en a deux essentiellement. L’un à Villeranges dans la Creuse porté par la société Cominor, un autre sur onze communes du Pays Basque dans les Pyrénées-Atlantiques, à proximité d’Espelette, porté par Sudmine.

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Pourquoi ces projets sont-ils contestés ? Pour leur impact sur l’environnement. Pour obtenir quatre grammes d’or, il faut extraire environ une tonne de terre. La Région Nouvelle-Aquitaine et la Communauté d’Agglomération Pays Basque se sont officiellement prononcées contre le projet dans les Pyrénées-Atlantiques.

Mardi, le vice-président chargé de l’Environnement au conseil régional, Nicolas Thierry, s’est déplacé à Villeranges pour dénoncer cet autre projet. « Je m’y oppose car je considère que dévaster le patrimoine naturel pour aller y chercher des matières premières, ce n’est pas l’avenir, explique à 20 Minutes l’élu. Il faut bien prendre en compte qu’une fois que ces industries sont passées, l’impact sur l’environnement, sur l’eau que nous buvons, est irréversible. Pour moi, l’avenir, c’est l’économie circulaire. Nos objets électriques, nos téléphones, nos déchets, regorgent de matières premières, c’est là qu’il faut aller les chercher. C’est le modèle du XXIème siècle, et je demande aux compagnies minières, qui ne sont pas les bienvenues en Nouvelle-Aquitaine, de l’intégrer. » Sudmine, qui n’a pas répondu à nos sollicitations, défend de son côté la mise en place « d’exploitations raisonnées. »