Comment les députés de Gironde ont-ils décidé d'attribuer leurs réserves parlementaires en 2016?

POLITIQUE Une députée (PS) et un député (LR) de Gironde expliquent comment ils tranchent entre les structures pour répartir le montant de leur réserve, d'une moyenne de 130.000 euros par député...

Elsa Provenzano

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Jef Runel Belliard, président de la Banque Alimentaire Gironde, à laquelle plusieurs députés ont attribué une partie de leur réserve parlementaire.
Jef Runel Belliard, président de la Banque Alimentaire Gironde, à laquelle plusieurs députés ont attribué une partie de leur réserve parlementaire. — E.Provenzano / 20 Minutes

« Je suis très sollicitée par les structures associatives, compte tenu de la configuration de ma circonscription qui comporte quatre quartiers prioritaires, ce qui est bien au-dessus de la moyenne », explique Sandrine Doucet, député PS de la 1ère circonscription de Gironde, dans laquelle le tissu associatif est très dense.

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Quartiers prioritaires et associations caritatives

Elle estime qu’environ un tiers de sa réserve bénéficie aux quartiers prioritaires et que la moitié a été attribuée aux personnes qui travaillent dans ces quartiers. Elle a choisi d’aider en priorité les associations qui développent des activités altruistes et en faveur de l’éducation populaire. « Je suis attentive à leurs projets, précise-t-elle. J’ai par exemple pu constater qu’un minibus acheté par une association du Bouscat (grâce à une enveloppe attribuée via sa réserve) a permis de conduire des enfants à un séjour au ski. »

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Son soutien le plus important, à hauteur de 20.000 euros, revient à la banque alimentaire de Bordeaux et de la Gironde. « Elle a décidé de changer son matériel de stockage et d’acheter de grands containers », précise la députée qui a souhaité soutenir cet investissement majeur pour la structure, comme l’ont fait d’autres députés de Gironde (Michèle Delaunay a versé 15.000 euros, Alain Rousset 12.000 par exemple).

« J’ai décidé de n’attribuer des fonds qu’aux associations à vocation caritative dans chacune des communes de ma circonscription, indique Yves Foulon (LR), maire d’Arcachon et député de la 8e circonscription de la Gironde. Rien qu’à Arcachon, il y a 300 associations, il faut bien faire un choix. » Sur le volet du soutien aux communes, 12 dans sa circonscription, il a choisi de concentrer ses efforts sur l’équipement des écoles en tableaux numériques. Des choix qu’il maintient depuis 5 ans afin « d’être utile » et aussi de « compenser la baisse des dotations de l’Etat ».

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Des fonds jugés utiles 

Si le principe d’une réserve parlementaire est critiqué pour le caractère aléatoire de ses attributions et qu’elle est parfois taxée de clientélisme, Sandrine Doucet estime que « c’est une bonne façon pour les députés de faire la preuve de leurs engagements, de lier l’acte à la parole. On suit les associations dans leur projet global, on va aux assemblées générales. » Elle souligne qu’elle soutient les structures « aux services des autres » qui véhiculent « des valeurs de gauche ».

Yves Foulon rappelle de son côté que la réserve parlementaire est encadrée dans son volume financier, 130 000 euros en moyenne par député, et que les dossiers sont présentés au ministère de l’intérieur, « le député ne fait pas de chèques », précise-t-il. C’est la quatrième année que sont rendues publiques les utilisations des réserves parlementaires dont les députés peuvent disposer librement.