Economies d'énergie, meilleur sommeil pour les habitants: Les avantages à réduire la pollution lumineuse en Nouvelle-Aquitaine

ENVIRONNEMENT L'association nationale pour la protection du ciel et de l'environnement nocturne (ANPCEN) lance son opération de labellisation 2017 pour les communes soucieuses de réduire l'impact de leurs éclairages publics...

Elsa Provenzano
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L'association ANPCEN  accompagne les communes qui veulent réduire leurs éclairages publics et ainsi leur impact sur le vivant.
L'association ANPCEN accompagne les communes qui veulent réduire leurs éclairages publics et ainsi leur impact sur le vivant. — GILE MICHEL/SIPA

Depuis 2009, 570 communes ont été labellisées « villes et villages étoilés » et leurs efforts ne visent pas seulement à permettre à leurs habitants de mieux admirer les étoiles. C’est l’association nationale pour la protection du ciel et de l’environnement nocturne (ANPCEN), qui délivre ce label et qui lance, ce lundi, son opération 2017 pour les communes soucieuses de réduire l’impact de leurs éclairages publics. En Nouvelle-Aquitaine, 80 communes ont été labellisées depuis 2009. C’est l’une des régions où les labellisations ont le plus progressé depuis 2015.

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« On ne prône pas une extinction globale »

« Au début on a suspendu l’éclairage public de 23 h à 6 h mais cela a été un problème pour les personnes âgées qui voulaient déambuler en fin de soirée, relate Thomas Jacquelin, directeur de cabinet du maire de Tulle, ville de 15.000 habitants, labellisée en 2015. On est alors passé de 00 h 30 à 6 h du matin ». Ces interruptions complètes de l’éclairage public ne concernent que certains quartiers de la ville, plutôt résidentiels, tandis que le centre-ville, lieu de vie, continue à être éclairé normalement. « On ne prône pas une extinction globale mais une politique qui permet de répondre aux besoins », précise Anne-Marie Ducroux, présidente de ANPCEN. L’association a une approche globale de la problématique, soulignant que la quantité de lumière émise à des effets sur le vivant.

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« Il y avait des inquiétudes de la population, sur une hausse possible du nombre de cambriolages par exemple, nous avons donc mené une concertation et effectuer de la pédagogie auprès d’elle, au premier semestre 2015, explique Thomas Jacquelin. Après quelques semaines de remontées négatives, tout se passe bien. On constate par exemple que les gens qui avaient des réverbères allumés devant chez eux dorment mieux à présent ». La démarche de la ville ne s’arrête pas à l’extinction des luminaires, l’éclairage public est aussi remplacé progressivement par des LED et sur la rue Jean-Jaurès, en travaux, les lampadaires LED adaptent leur luminosité au fil de la nuit. Il diminue progressivement son intensité avant de l’augmenter à nouveau au petit matin.

Des économies à la clé

En 2016, la mesure a déjà permis à la ville d’économiser plus de 12.000 euros, ce qui représente une baisse de sa consommation d’énergie de l’ordre de 18 %. Les économies réalisées sont utilisées pour améliorer le parc existant. Cette année, la mesure va être étendue à d’autres quartiers et au centre, l’intensité devrait baisser à partir de 2 h du matin. Saumur, 27.000 habitants, fait figure de modèle sur ce terrain et réalise 320.000 euros d’économies annuelles.

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Une ville comme Strasbourg, dont la population est de taille comparable à celle de Bordeaux, a fait un premier pas vers la démarche, en signant  une charte d’engagement avec l’association ANPCEN. Un positionnement qui a eu « un effet de contagion », assure Anne-Marie Ducroux auprès des villes de l’agglomération qui prennent, elles aussi, des initiatives pour réduire leur pollution lumineuse.