UBB: Adam Ashley-Cooper était-il une «fausse bonne idée» ?

RUGBY Le joueur quittera le club bordelais à la fin de la saison...

Laetitia Dive

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L'Australien était arrivé à Bordeaux en décembre 2015.
L'Australien était arrivé à Bordeaux en décembre 2015. — Georges Gobet

Fin janvier, l’UBB annonçait ne pas prolonger le contrat d’Adam Ashley-Cooper pour la prochaine saison. Le président Laurent Marti a justifié cette décision en expliquant qu’il avait « des arbitrages à faire, en termes de JIFF [joueurs étrangers], en termes budgétaires aussi ».

Le club avait reconnu devoir faire un véritable effort économique pour payer le salaire du joueur. Il n’est désormais plus disposé à lui verser une telle somme pour la simple raison que son niveau a déçu lors de ces deux saisons.

« Ça n’est pas parce que vous prenez un joueur de renom que ça marche »

« Il n’est pas à la hauteur vu l’image que l’on a de lui mais est-ce vraiment surprenant ?, interroge Erik Bonneval, consultant sportif sur BeIN Sport. C’est un grand joueur mais il est en fin de carrière et dans un contexte compliqué à l’UBB. Seul, il ne peut rien faire ».

Pour l’ancien centre du XV de France, l’Australien a été victime de sa célébrité comme d’autres avant lui : « Ça arrive souvent avec les joueurs de l’hémisphère sud. On les rêve mieux qu’ils ne sont vraiment. Mais ça n’est pas parce que vous prenez un joueur de renom que ça marche. Quand vous achetez Ashley-Cooper, vous achetez le fait que les médias vont s’intéresser au club ».

Un nouveau rythme

Avant son arrivée à l’UBB en décembre 2015, l’ailier wallaby n’avait jamais joué dans un club étranger. A-t-il eu des difficultés à s’intégrer au sein d’une équipe de Top 14 ? « Il est arrivé après la Coupe du Monde, c’est toujours difficile pour les internationaux du Sud de s’adapter. La première saison est souvent un peu gâchée le temps qu’ils prennent leur marque », constate Adrien Lempereur du blog Sud Rugby.

Le joueur a aussi dû s’habituer à un nouveau rythme : « Les matchs de Top 14 et de Coupe d’Europe s’enchaînent. C’est pas évident pour un étranger de se fader ça tout l’hiver », estime Erik Bonneval.

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Pourtant, son ancien coéquipier de l’UBB Matthew Clarkin raconte qu’Adam Ashley-Cooper a assez vite trouvé sa place dans le collectif : « C’est un joueur très classe, très doué techniquement et il a apporté au club du professionnalisme, de l’expérience, de la compétitivité… et de la bonne humeur. »

Un accrochage en début de saison

Tout n’est donc pas à jeter, loin de là : meilleur marqueur d’essais de l’UBB depuis deux saisons, l’Australien a aussi réalisé des actions de classe, inscrivant notamment deux triplés en championnat. Cela n’aura pas été suffisant pour convaincre la direction du club. Pour Adrien Lempereur, un épisode a particulièrement échaudé Laurent Marti : « Il n’a pas accepté qu’il retourne jouer avec la sélection australienne pour le Rugby Championship, surtout qu’il est rentré blessé ».

Ajoutées à cela, ses performances en deçà de ce qu’on attendait de lui signent la fin de son histoire bordelaise. « Je pense que nous sommes obligés de respecter le choix de notre président qui cherche toujours à prendre des décisions dans l’intérêt de son club. Après, je suis déçu pour Adam parce que c’est un ami et déçu pour le club parce qu’ils perdent un grand joueur et un très bon mec », regrette Matthew Clarkin.

La question du salaire

A bientôt 33 ans, le rugbyman ne devrait cependant pas avoir de mal à trouver un nouveau club : « Le mieux pour lui ça serait de repartir en Australie, quitte à avoir un double contrat avec le Japon. Il ne faut pas qu’il reste en France, on s’en servirait encore de tête de gondole pour ensuite dire qu’il est décevant », poursuit Adrien Lempereur.

Reste à savoir s’il acceptera un salaire moindre, car pour Erik Bonneval ce sont des motivations financières qui amènent ce type de joueur en France : « Ils se disent que c’est un beau pays, que leurs enfants vont apprendre le français… mais si on les payait pareil chez eux, ça m’étonnerait qu’ils viennent autant ! »

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