Bordeaux: Les règles pour le skate en ville sont assouplies le temps d'un test

SOCIETE A partir de la mi-mars, l’accès de certaines places du centre-ville, auparavant interdit aux skateurs, sera autorisé les mercredis et samedi, de 11 h à 20 h...

Elsa Provenzano

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Des policiers municipaux de Bordeaux discutent avec des skateurs sur le Cours du Chapeau Rouge sur lequel la pratique était jusque là interdite. - Photo : Sebastien Ortola
Des policiers municipaux de Bordeaux discutent avec des skateurs sur le Cours du Chapeau Rouge sur lequel la pratique était jusque là interdite. - Photo : Sebastien Ortola — S. ORTOLA / 20 MINUTES

Les skates rebondissant sur les trottoirs irritent les oreilles de certains riverains de places Bordelaises, très attrayantes pour la pratique du « street skate ». Dans l’idée de « mettre un terme aux conflits d’usage » selon les termes de la mairie de Bordeaux, un test va être mené sur certains secteurs du centre-ville (place des Commandos de France, Pey-Berland, Jean Moulin, de la Comédie, la rue Saint-Sernin, le cours du Chapeau-Rouge et le parvis des Droits de l’homme) à partir de la mi-mars

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Les skateurs y seront les bienvenus de 11 h à 20 h, les mercredis et samedis. En dehors de ces horaires, les contrôles de la police municipale seront renforcés. « Un bilan de cette expérimentation sera dressé et partagé avec les riverains et les pratiquants en juin », informe la municipalité.

Les skateurs veulent leur place sur l’espace public

« On avait proposé un système de roulement dans lequel un secteur était ouvert une fois par semaine mais pour des raisons de simplifications, que je peux comprendre, la mairie a préféré réduire l’autorisation aux mercredis et samedis, raconte Léo Valls, skateur professionnel qui a participé aux échanges avec la mairie et les riverains. On va essayer ça, mais je pense que cela va être plus difficile à faire respecter que ce que l’on proposait. »

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Si l’interdiction complète de ces secteurs prisés des skateurs se révèle jusqu’à maintenant un échec (et les pratiquants écopent alors d’amendes de 70 euros) la municipalité tente d’encadrer la pratique en faisant une place aux skateurs. « On est content de cette expérimentation, on passe d’une interdiction de pratiquer à deux jours d’autorisation, c’est forcément un progrès », souligne Grégoire Grange, président de Boardo, une association fondée en 2004, qui a également participé aux rencontres organisées par la mairie. 

Un lieu dédié au skate place de la république ?

« C’est une pratique très peu normée qui est née des obstacles fournis par la ville », rappelle Grégoire Grange qui considère que c’est une « aberration » de vouloir cantonner la pratique aux skates parks puisqu’elle a justement vocation à se développer sur l’espace urbain. La Ville a annoncé qu’elle étudiait « la faisabilité et le coût d’un équipement pour la pratique du skate place de la République » qui ne serait donc pas un skate park. « Il faudrait s’inspirer de ce qui existe place de la République à Paris, glisse Léo Valls. Ce sont des aménagements très simples, très urbains. »

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Cette première étape est saluée par les skateurs, soucieux d’avoir leur place dans cette ville intéressante à skater et dans laquelle des skateurs d’envergure nationale et internationale se sont investis pour développer la pratique.