Gironde: Les ouvriers de l'usine Ford, inquiets pour leurs emplois, ont débrayé

ECONOMIE Plusieurs centaines de salariés du site FAI de Blanquefort se sont mobilisés devant le manque de projet de Ford Europe pour le site Girondin...

E.P. avec AFP
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Des débrayages ont été organisés chez Ford ce jeudi alors que l'avenir de usine semble incertain. //AMEZUGO_1275/Credit:UGO AMEZ/SIPA/1702092117
Des débrayages ont été organisés chez Ford ce jeudi alors que l'avenir de usine semble incertain. //AMEZUGO_1275/Credit:UGO AMEZ/SIPA/1702092117 — SIPA

Ce jeudi, plusieurs centaines de salariés de l’usine Ford Aquitaine Industries (FAI) de Blanquefort ont procédé à des débrayages, en marge de réunions, en comité d’entreprise et en préfecture, sur la pérennité des plus de 900 emplois du site.

Pas d’annonce officielle pour rassurer les salariés

Dans une réunion extraordinaire du CE ont été évoquées les perspectives des boîtes de vitesses et transmission appelées à être fabriquées sur le site girondin, mais selon les syndicats « sans annonce officielle » espérée sur la fabrication de la boîte 6F15.

Les salariés de Ford-Blanquefort, qui avaient déjà organisé une journée « usine morte » le 23 janvier dernier, ont mobilisé ces dernières semaines des élus locaux. Ils souhaitent les amener à faire pression sur Ford Europe, que la CGT soupçonne de vouloir « éteindre à petit feu le site, par érosion progressive des effectifs ».

Ford a touché des aides publiques

Le site compte actuellement 930 salariés en CDI (et une trentaine d’intérimaires) contre 1.600 en 2008. Ford s’était engagé en 2013 au maintien de 1.000 emplois sur le site pendant cinq ans, engagement conditionnant le versement d’aides publiques.

Les syndicats s’inquiètent du faible niveau de production actuelle et prévue, et de la pérennité de l’emploi à terme, notamment à échéance 2019, lorsque la boîte de transmission 6F35, produite actuellement à Blanquefort, « cessera d’être en catalogue ».

Jeudi après-midi, une réunion avec des dirigeants de Ford Europe s’est tenue à Bordeaux en préfecture autour du préfet de Gironde Pierre Dartout, en présence de plusieurs élus locaux, dont le maire de Bordeaux Alain Juppé (LR), le président du Conseil régional Alain Rousset (PS) et la députée PS Pascale Got. Dans une récente question à l’Assemblée nationale, cette dernière a alerté le gouvernement sur l’avenir de FAI. Alain Juppé, président de Bordeaux métropole, avait pour sa part écrit à la direction de Ford Europe.

Une délégation de l’intersyndicale doit être reçue le 14 février à Paris par à Bercy par un conseiller du secrétaire d’Etat à l’Industrie Christophe Sirugue, qui doit rencontrer le 22 février des dirigeants de Ford Europe, avant un comité de suivi le 9 mars en préfecture de Gironde.