Girondins de Bordeaux: Respectueux, gentil et concentré... Youssouf Sabaly fait l'unanimité

FOOTBALL A Bordeaux, le club et les supporters espèrent le voir rester pour la prochaine saison…

Laetitia Dive

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Lors du match contre Toulouse le 21 janvier.
Lors du match contre Toulouse le 21 janvier. — Nicolas Tucat

Ce mardi soir, à Caen, Youssouf Sabaly était titulaire à un poste inhabituel : celui d’arrière gauche. La raison ? Jocelyn Gourvennec souhaitait laisser le fraîchement arrivé Vukasin Jovanovic à côté de son compatriote serbe Milan Gajic.

Cela n’a pas vraiment déstabilisé le défenseur de 23 ans qui a rapidement trouvé ses marques et a participé à la large victoire de son équipe (0-4). « Il est plus à l’aise à droite, mais il est capable de jouer des deux côtés, explique Michel Der Zakarian qui l’a eu sous ses ordres au FC Nantes. A Evian, il avait fait pratiquement une saison entière à gauche ».

Un joueur flexible

Arrivé à La Jonelière au cours de l’été 2015, le défenseur a tout de suite surpris son nouveau coach par sa polyvalence : « Il est aussi capable de prendre un couloir, de créer des décalages. Il peut être très surprenant : parfois il part dans des rushs, a des crochets incroyables… Je me demande s’il le fait exprès, s’il réalise ce qu’il fait ! »

Si sa polyvalence sur le terrain séduit, sa capacité à s’adapter fait également l’unanimité. Il faut dire que Youssouf Sabaly n’a pas vraiment eu le choix : depuis qu’il est passé professionnel au PSG en 2013, il n’a pas disputé un seul match avec son club formateur. A la place, le joueur fait le tour de France, enchaînant prêt sur prêt.

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Avant Bordeaux et Nantes, le défenseur avait ainsi évolué deux ans au sein d’Evian Thonon Gaillard FC. A l’époque, son coach était Pascal Dupraz, connu pour son franc-parler. Le défenseur a su trouver grâce à ses yeux puisqu’à la veille du match Toulouse-Bordeaux, l’entraîneur parlait de lui en ces termes : « Il fait partie de ces joueurs que j’ai lancés mais, en fait, il s’est lancé tout seul […]. Il est arrivé un mercredi et je lui ai annoncé le lendemain qu’il serait titulaire. Il a dû aligner à l’ETG 70 matches consécutivement. »

Apprécié de tous

Outre ses performances de footballeur, le coach du Téfécé a apprécié les qualités humaines de cet « amour de gamin hyper bien élevé » : « Dans les occasions douloureuses pour moi, il vous fait un petit signe. Il vous envoie un texto quand vous êtes sans club. Il m’a aussi envoyé un texto quand j’ai pris mon poste d’entraîneur à Toulouse. Et il n’oublie jamais de vous dire merci à chaque fois qu’il vous croise. C’est ça le foot aussi. »

Michel Der Zakarian confirme : « « C’est un garçon très respectueux, à l’écoute. Et c’est un vrai professionnel dans l’approche du travail. Il avait envie de travailler pour progresser. » Pas le genre donc à faire la bringue dans le vestiaire, et encore moins à se rebeller.

Sa gentillesse et son éducation ont aussi séduit chez les Bleuets. L’ancien sélectionneur Pierre Mankowski expliquait en 2014 au Dauphiné Libéré que le joueur « ne pose aucun problème, il est à 100 % à l’entraînement et a un état d’esprit irréprochable ».

Objectif PSG ?

A Bordeaux, où il a (déjà) disputé 23 matchs toutes compétitions confondues, les supporters clament régulièrement leur admiration pour le joueur sur les réseaux sociaux… et espèrent le voir rester à l’issue de la saison.

Cet espoir est partagé par la direction du club : « Nous avons pris contact avec Paris pour conserver Youssouf. Ils nous ont demandé d’attendre la fin de saison. Nous ne sommes pas maîtres du jeu », expliquait le président Triaud en novembre sur Gold FM.

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Il faudra donc patienter jusqu’à ce que le PSG donne son verdict… tout comme Youssouf Sabaly lui-même qui a toujours dit souhaiter, un jour, jouer avec son club formateur. « Il est modeste, il faut qu’il ait un peu plus de personnalité pour le haut niveau, mais il a tout pour y arriver ! », estime Michel Der Zakarian.