«L'homme en slip et à la pelle» jugé à Dax pour des violences contre des militants LPO

JUSTICE Ce jeudi, une partie de la famille de l'agriculteur landais, qui avait voulu expulser les militants de la Ligue de protection des oiseaux (LPO) venus désamorçer des pièges à oiseaux, est jugée pour dégradations et violences...

Elsa Provenzano

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Les images de
Les images de — GAIZKA IROZ / AFP

Le 9 novembre 2015, les images de l’altercation entre des militants de la Ligue de protection des oiseaux (LPO) et des agriculteurs landais, au sujet de pièges à oiseaux, avaient enflammé les réseaux sociaux.

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Ce jeudi 9 février, plusieurs membres de la famille de l’agriculteur sont jugés par le tribunal correctionnel de Dax, pour différents faits de violence (dégradations, coups de pelles etc.) contre des militants LPO, partie civile au procès. Plus d’une dizaine de chasseurs de pinsons sont également jugés pour chasse illégale et braconnage.

Un conflit a opposé en novembre 2015 un agriculteur landais qui avait posé des pièges à oiseaux et des militants de la LPO.
Un conflit a opposé en novembre 2015 un agriculteur landais qui avait posé des pièges à oiseaux et des militants de la LPO. - GAIZKA IROZ / AFP

Ce jour-là, les militants se rendent à Audon, dans les Landes, pour désamorcer ce qu’ils estiment être des pièges à pinsons et à chardonnerets, des espèces protégées, et qui sont installés dans un champ de tournesol. Le propriétaire des terres, rapidement surnommé « l’homme en slip et à la pelle », sort de chez lui sans prendre le temps de s’habiller et s’arme de cet ustensile pour expulser le groupe d’écologistes. « Il y a eu usage d’un "hap shot", un outil de résinier pour gemmer les pins qui est assez dangereux, précise Me François Ruffié, qui défend les militants LPO. Il a été utilisé pour crever des pneus de voitures et a été mis sous le cou d’un des militants. »

« On nous fait passer pour des barbares ! »

La famille de cet agriculteur a été très exposée médiatiquement. « Cela n’a pas été évident de se retrouver du jour au lendemain en première ligne sur les réseaux sociaux », commente le fils du principal intéressé, qui était présent lors de l’altercation.

La plainte déposée par cette famille de chasseurs pour violation de propriété n’a pas été jugée recevable par le Parquet. « On a toutes les accusations contre nous, le viol de propriété privé n’a pas été retenu, ni la plainte de ma grand-mère qui s’était retrouvée par terre, s’insurge le fils de l’agriculteur. On nous fait passer pour des barbares mais on s’est fait attaquer chez nous et on n’a fait que se défendre ! » Mais pour que la propriété soit établie, la loi stipule notamment qu’il faut que le terrain soit clôturé, or le champ en question ne l’était pas.

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« Il n’y avait rien qui justifiait une agressivité »

La LPO parle, elle, d’une action pour dénoncer les actes de braconnage, qui seraient tolérés voire couverts politiquement, selon ses dires, par les autorités. « Il n’y avait rien qui justifiait une [telle] agressivité car on n’a pas détruit de pièges. On souhaitait les désamorcer », assure Yves Vérilhac, directeur général de la LPO. ».

Environ 20 pièges venaient d’être installés et les militants n’ont trouvé aucun oiseau à libérer. « Quinze minutes avant, on venait de libérer des chardonnerets et des pinsons sur un autre site », précise le directeur général. La famille d’agriculteurs explique que les pièges étaient destinés à capturer des alouettes, dont la chasse est autorisée. Le fils de l’agriculteur précise aussi que « les pièges ne tuent pas. C’est quand on ramasse les oiseaux, qu’on voit si on les relâche ou si on les garde ».

La fédération des chasseurs des Landes a annoncé qu’elle organiserait une manifestation en soutien à la famille d’agriculteurs ce jeudi, devant le tribunal de Dax.

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Les Landes font partie des points noirs en France pour le braconnage des ortolans, des chardonnerets et des pinsons, selon les informations de la LPO qui effectue des repérages aériens.

Suivez l'audience relayée par notre journaliste en direct sur Twitter jeudi à partir de 13h30.