Equitation : Stress, fatigue… Vis ma vie de cheval de compétition

EQUITATION A l’occasion du Jumping international de Bordeaux (2-5 février), on a été à la rencontre de ces athlètes à quatre pattes et de ceux qui s’en occupent…

Laetitia Dive

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La visite médicale est obligatoire dès l'arrivée sur les lieux de la compétition.
La visite médicale est obligatoire dès l'arrivée sur les lieux de la compétition. — Jessica Rodrigues

L’été dernier, à Rio, l’équitation française décrochait trois médailles, dont deux en or. Ce week-end, plusieurs champions olympiques sont à Bordeaux dans le cadre du Jumping International qui rassemble 240 cavaliers et plus de 400 chevaux. Et parce que ce sont ces derniers qui courent, on est allé faire un tour dans les coulisses du concours pour voir comment ces athlètes à quatre pattes sont ménagés.

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Visite médicale obligatoire

A peine arrivés, les équidés doivent passer une visite médicale obligatoire. « Cela vaut aussi pour ceux qui ne vont pas sauter, précise le cavalier Nicolas Deseuzes. Ils vérifient la puce électronique pour voir si elle correspond bien à son signalement. Ils regardent aussi si les vaccinations sont à jour ».

La compétition accueille plus de 400 chevaux.
La compétition accueille plus de 400 chevaux. - Laetitia Dive

Un peu plus loin, le cheval du champion olympique Philippe Rozier grignote le manche d’un balai. Signe de grosse faim ? à priori non, car les chevaux sont souvent mieux nourris en période de concours à en croire Laurence Gazel, la groom du cavalier médaillé d’or Kevin Staut. Concrètement, elle s’occupe en permanence de ses chevaux, de l’écurie à la compétition.

Les efforts fournis par les animaux étant plus importants lors des compétitions, elle leur donne un peu plus à manger. « Pareil quand on fait de longs trajets ».

Des trajets minutieusement préparés

Justement, les longs trajets… Dans le cas des JO, les équidés avaient pris l’avion. « Dans ces cas-là, on essaie de gérer pour qu’ils puissent se reposer dans les boxes avant de monter dans l’avion. Une fois dedans, il y a des toujours quelqu’un avec eux », précise Laurence Gazel.

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Et sur les routes ? « On est obligés de respecter certaines règles, raconte Jeanne Ducousset, venue prêter main-forte à son compagnon cavalier. Toutes les quatre heures et demi on fait une pause ».

Certains chevaux voyagent en première classe.
Certains chevaux voyagent en première classe. - Laetitia Dive

Le principal enjeu est que les chevaux puissent respirer : « Dans un camion, ils ont la tête haute. Cela ne leur permet pas de reprendre leur souffle car leur appareil respiratoire est fait de façon à ce qu’ils puissent respirer la tête en bas ».

Gérer la pression

Comme n’importe quel athlète de haut niveau, un cheval de course ressent du stress avant une compétition. « Sur ce concours on ne peut pas se plaindre, relativise Laurence Gazel. Les chevaux sont assez loin des micros, de la musique… Mais dans certaines compétitions il y a des soirées qui durent jusqu’à 3 heures du matin ! ». Pour éviter qu’ils deviennent trop nerveux, certains décident de leur mettre des bouchons dans les oreilles.

Les autres facteurs de nervosité sont la foule et les lumières : « Les premières fois, ça impressionne le cheval quand on passe sur la piste, avec beaucoup de monde autour, des lumières, des écrans géants, le pare botte qui est luminescent… », raconte Nicolas Deseuzes. Mais tous s’y habituent, « certains malgré eux ».

Ca fatigue d'être sous le feu des projecteurs.
Ca fatigue d'être sous le feu des projecteurs. - Laetitia Dive

Les grooms veillent aussi à ce que les chevaux se reposent suffisamment. Mais la tâche est peu aisée dans des écuries où la lumière ne s’éteint jamais. « Ils ne récupèrent pas vraiment la nuit », reconnaît Jeanne Ducousset. Certains prennent le pari d’utiliser des fleurs de Bach ou autres produits naturels. « Mais il n’y a rien qui ait vraiment fait ses preuves ».