Landes: A 95 ans, Hélène Salvetat joue encore au tennis... en compétition !

TENNIS Et elle s'est mise au surf il y a un an...

Laetitia Dive

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La nonagénaire s'entraîne deux fois par semaine.
La nonagénaire s'entraîne deux fois par semaine. — Capture d'écran Facebook Hélène Salvetat

« Jusqu’à 105 ans ? Jouer au tennis ? Je ne crois pas, mais on ne sait jamais avec moi ». Quand on parle de Robert Marchand à Hélène Salvetat, elle dit ne pas prétendre à la même longévité sportive. Il faut dire que le cycliste de 105 ans est plus âgé qu’elle… de dix ans.

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Si le premier impressionne sur son vélo, la seconde dispute des tournois internationaux de tennis chaque année. « J’attends avec impatience le mois de mai pour aller en Californie », explique la doyenne mondiale des courts qui se rendra à La Jolla, près de San Diego, pour disputer un tournoi international dans la catégorie des +90 ans.

La Jolla, à côté de San Diego.
La Jolla, à côté de San Diego. - Google Maps

Dès l’enfance

Sa passion pour le tennis lui vient de son plus jeune âge : « J’avais huit ans et je vivais en Egypte, au Caire. Ma mère jouait au tennis et j’y allais avec elle pour attraper les balles. » Depuis, elle n’a jamais lâché sa raquette, sauf « pendant sept ou huit ans » dans les années 1960.

A l’époque, Hélène Salvetat devient la première femme à être nommée chef d’escale à l’aéroport d’Orly. Son travail l’oblige à délaisser les courts durant quelques années.

Aujourd’hui, elle s’entraîne deux fois par semaine avec Franck Hervy, champion du monde chez les 50-60 ans. Une vraie complicité la lie à son coach : « Aujourd’hui je lui ai fait un petit contre-pied qu’il n’a pas pu rattraper donc j’étais ravie », s’amuse-t-elle.

Une famille et des amis pour la soutenir

La nonagénaire l’affirme : elle continue de progresser malgré son âge. Et a toujours de nouveaux objectifs. Elle aimerait ainsi emmener son époux, de plus de vingt ans son cadet, pour jouer en double à Vichy. « Lui aussi aime le tennis, mais il ne fait pas de compétitions ! »

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Son mari, ses enfants et petits-enfants la soutiennent dans toutes ses activités. L’un de ses fils lui a d’ailleurs demandé d’écrire son histoire, afin d’en garder une trace. « C’est difficile car c’est la nuit que toute ma vie repasse devant moi et j’ai envie de sortir de mon lit pour écrire. »

Quand elle ne rédige pas son autobiographie, Hélène Salvetat utilise son iPad pour communiquer avec ses amis du monde entier. « Je corresponds régulièrement avec eux et souvent dans leurs langues. Je parle français, anglais, italien, grec et arabe », précise la nonagénaire.

Du surf depuis un an

Ce sont d’ailleurs deux de ses amis qui l’ont incitée à se mettre au surf : « J’ai commencé il y a un an à peu près. » Deux professionnels de la glisse, Tim Creignou et John Larcher, l’accompagnent ainsi régulièrement dans l’eau.

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« Souvent, John a peur. Il me dit qu’il ne veut pas que je me casse quelque chose en surf, parce que j’ai le tennis », s’amuse la sportive. Qu’importe, Hélène Salvetat n’en est plus à un défi près. D’autant qu’elle connaît bien la mer : « J’ai fait beaucoup de navigation. Avec l’un de mes fils, on a fait la traversée de Saint-Malo à l’Irlande. »

Sportive accomplie, polyglotte et amatrice de nouvelles expériences, la nonagénaire semble relever tous les défis qui s’offrent à elle. Mais il lui reste un rêve qu’elle n’a pas encore réalisé : « J’aimerais rencontrer Roger Federer. Il a un jeu formidable. » Espérons que le gagnant de l’Open d’Australie croisera bientôt la route de celle qui le bat seulement sur la longévité… pour l’instant.