Bordeaux: Orange aura terminé le déploiement de la fibre d'ici à fin 2018 dans la métropole

NUMERIQUE Le plan de déploiement de la fibre d'Orange se poursuit sur la métropole bordelaise. Quelque 181.000 foyers y sont déjà éligibles...

Mickaël Bosredon

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Vincent Bouyer, Directeur Général d'Orange Sud-Ouest
Vincent Bouyer, Directeur Général d'Orange Sud-Ouest — M.Bosredon/20Minutes

Face à des usages clients « en croissance fantastique », les foyers réclament de plus en plus de débit « pour équiper leurs installations : télés, smartphones, tablettes, objets connectés… » Vincent Bouyer, directeur d’Orange Sud Ouest, a fait le point mardi sur le déploiement de la fibre et des autres solutions techniques pour améliorer le débit des Néo-Aquitains.

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« Dans les zones très denses – qui sont Bordeaux et Poitiers en Nouvelle-Aquitaine –, nous étions fin 2016 à 80.000 logements éligibles à la fibre à Bordeaux, et on en fera 30.000 de plus en 2017. Sur la métropole de Bordeaux nous en sommes à 181.000 éligibles et on va en construire 67.000 supplémentaires en 2017 ».

Les particuliers peuvent se manifester pour avoir la fibre

Philippe Arnoud, directeur du projet fibre et déploiement de réseaux, assure que « la couverture totale de la métropole est envisagée pour fin 2018 ». Sur ce territoire, « on choisit prioritairement les communes où la couverture ADSL est la plus faible. » Ce qui n’empêche pas les particuliers de se manifester, via le site Web réseau.orange ou en boutique.

« Quand on a beaucoup de prise d’intérêt de clients dans une zone, cela peut permettre de faire des arbitrages sur les secteurs à développer, poursuit Philippe Arnoud. On a eu le cas à Bordeaux dans le quartier des Chartrons nord, qui possède déjà une bonne couverture ADSL et qui n’était donc pas prioritaire, mais beaucoup de gens se sont manifestés pour la fibre, car c’est un quartier où il y a des télétravailleurs, des petits professionnels. Donc, on a finalement embarqué ce quartier dans notre plan de couverture et les premiers déploiements sont en cours. Mais il faut savoir qu’il se passe entre 18 et 24 mois entre le choix d’une zone et son éligibilité. C’est un travail de fourmi et il y a beaucoup de jalons réglementaires. »

Bordeaux, un secteur avec des contraintes

Les difficultés techniques sont aussi un frein. « Dans une ville comme Bordeaux où il y a beaucoup de monuments historiques, il faut un grand nombre d’autorisations, et travailler avec les architectes des bâtiments de France, souligne Vincent Bouyer. A certains endroits nous sommes même obligés de mettre les armoires au quatrième sous-sol des parkings pour pouvoir ensuite irriguer jusqu’aux logements des clients. C’est un gros challenge industriel. »

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Dans les zones denses (zones urbaines sauf Bordeaux et Poitiers), les opérateurs sont liés avec l’Etat via des conventions signées en 2011, et qui définissent les zones dans lesquelles quel opérateur investit pour le compte de tous les autres. « Fin 2016, nous avions 90 communes en Nouvelle-Aquitaine éligibles dans ces zones. Fin 2017 nous serons à 120 communes et 650.000 logements éligibles. »

Réseau cuivre, 4G, satellite… Il n’y a pas que la fibre

Dans les zones rurales, les opérateurs doivent passer par des appels d’offres des collectivités pour construire et commercialiser la fibre. « En Gironde, il y a un appel d’offre en cours par le conseil départemental, qui se clôture d’ici à la mi-mars. Ce sont de gros dossiers. On a remis une valise de 22 kilos pour ce projet ! Plus on va dans les campagnes plus le coût de la fibre est élevé, c’est pourquoi il y a un partage du coût entre les collectivités et les opérateurs. »

Mais il n’y pas que la fibre dans le monde du numérique. « Nous avons un plan “Orange territoire connecté”, qui comprend la fibre, mais pas seulement, car il existe différentes possibilités pour améliorer le débit de nos clients. Nous continuons notamment nos investissements sur le cuivre, pour permettre d’offrir sur l’ADSL un meilleur débit qu’avec les anciens câbles. Sur la Nouvelle-Aquitaine cela nous a permis d’améliorer le débit de 180.000 foyers en ADSL. Ensuite, on a tout ce qui est couverture 4G. Il y a la couverture en mobilité – près de 470.000 habitants en Nouvelle-Aquitaine en bénéficient désormais – et la 4G “Home”, c’est-à-dire qu’on utilise la 4G pour faire une box à la maison. On est en train de définir les zones qui pourront en bénéficier. On a enfin le haut débit par satellite via notre filiale Nordnet » détaille Vincent Bouyer.

Il existe donc toute une combinaison de solutions pour améliorer le débit en attendant la fibre, « car ce serait “sur-promettre” de dire que la fibre va arriver partout tout de suite. »