Bordeaux: Mobilisation des salariés de Ford, qui craignent une fermeture de l'usine

SOCIAL Les salariés de l'usine Ford à Blanquefort se mobilisent ce lundi pour alerter les pouvoirs publics sur leur avenir, qu'ils estiment menacé...

Mickaël Bosredon

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Manifestation devant l'usine de Blanquefort le 23 janvier 2017 Lancer le diaporama
Manifestation devant l'usine de Blanquefort le 23 janvier 2017 — M.Bosredon/20Minutes

Ils étaient mobilisés dès 6 h ce lundi matin. Comme annoncé jeudi, les salariés de Ford à Blanquefort se sont donné rendez-vous devant l’entrée de l’usine de fabrication de boîtes de vitesse, et les syndicats ont distribué des tracts, à l’image de Philippe Poutou (CGT), le candidat NPA à la présidentielle. Une action plutôt bien accueillie par les automobilistes qui se rendaient au travail.

Entre 300 et 400 personnes étaient au rendez-vous. Après l’action devant l’usine, elles ont pris le tramway à la gare de Blanquefort direction Bordeaux. Une délégation est reçue en préfecture, vers 12h30. Les syndicats demandent une mobilisation des pouvoirs publics, pour qu’ils poussent la direction de Ford à présenter un projet pérenne sur plusieurs années. En attendant, une journée usine morte est organisée ce lundi.

« Les volumes ne sont pas suffisants, on se retrouve coincés »

« Notre inquiétude, c’est qu’il y a de l’emploi garanti pour un an, un an et demi, grand maximum, et après plus rien », explique Thierry, salarié chez Ford depuis 20 ans. « On aimerait que Ford sorte du bois pour présenter son projet, car ce qui nous inquiète, c’est qu’il n’y en a pas, ou alors ça ne tient pas la route et cela ne permet pas de pérenniser les emplois ».

Il se souvient que lorsqu’il est entré à l’usine, « on était 4.000 avec les intérimaires, maintenant on est moins de 1.000. On avait des débouchés énormes avec les Etats-Unis, et maintenant on se retrouve avec des débouchés limités sur le marché européen. On a eu espoir à un moment donné de repartir pour de bon, mais les volumes ne sont pas suffisants, et on se retrouve coincés. »

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L’inquiétude est vive aussi pour Michelle, agent de fabrication depuis 27 ans chez Ford. « On est tous inquiets, on attend des réponses concrètes. Cela devient lassant de manifester sans cesse, de voir la situation se dégrader. On attend les projets. »

« La moyenne d’âge est de 50 ans ; il va y avoir de nombreux départs à la retraite »

Gilles Lambersend, délégué CGT, rappelle que « après avoir voulu partir en 2010, Ford était revenu en 2013 en signant un accord-cadre avec l’Etat, avec des projets qui arrivent à terme en 2018. Les collectivités ont donné de l’argent pour ces projets-là, mais nous avions déjà prévenu que le compte n’y était pas. »

Aujourd’hui, « on n’a rien pour l’après-2018, alors que Ford devait nous prévoir un avenir. Il faut un investissement fort, sinon c’est la fermeture de l’usine. La moyenne d’âge est de 50 ans, il n’y a pas eu d’embauche et il va y avoir de nombreux départs à la retraite qui ne seront pas remplacés, ce sont des indicateurs. Ce qu’on revendique, c’est de fabriquer toutes les boîtes de vitesse pour le marché européen. »

La préfecture a annoncé la semaine dernière qu’elle demanderait à la direction de Ford de participer à un comité de suivi dans le courant du mois de février.