L'avenir fumeux des bars à narguilé

Augustin Arrivé - ©2007 20 minutes

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« Sans dérogation, c'est la fermeture », s'inquiète Mohamed Hami. Son enseigne, rue du Mirail, indique un « salon de thé oriental » : le Newroz. « Mais les gens ne viennent pas pour le thé », admet-il. Ce sont ses narguilés qui attirent la clientèle. D'où une certaine angoisse à l'approche du 1er janvier 2008. A cette date, le nouveau décret antitabac interdira de fumer dans tous les lieux publics. « Pour la cigarette, je m'en fous, explique le gérant, mais la chicha représente 80 % de mon chiffre d'affaires. » Alors il pense baisser le rideau. Ou transformer son établissement en club privé. « Ce sont des démarches compliquées, prévient la Chambre de commerce et d'industrie. Et tant qu'il y a un employé, l'interdiction demeure. »

Au Namasthé, rue de la Devise, on est plus optimiste. Les propriétaires, Maxime Foquet et Alain Escoda, misent sur l'ambiance lounge, le champagne et les desserts. « Nous allons développer nos autres offres pour garder nos clients », annoncent-ils. En projet : la transformation de leur annexe, le Sawadee, en restaurant exotique. Ils ont envisagé d'installer un fumoir, cette pièce ventilée dans laquelle fumer sera toléré. Mais les travaux sont impossibles. « Dans Bordeaux, on ne peut pas toucher aux façades », expliquent les patrons, avant de préciser : « Un fumoir ne réglerait pas le problème puisque les employés ne pourraient pas non plus servir dedans. » Quant au narguilé à oxygène, qui ne tombe pas sous le coup de la loi, ils y ont vite renoncé : « A 3 500 euros par machine, ce ne sera jamais rentable. »