Les syndicats sont inquiets pour l'avenir de l'usine Ford Aquitaine Industrie (FAI)de Blanquefort et interpellent la direction de Ford Europe - Photo : Sebastien Ortola
Les syndicats sont inquiets pour l'avenir de l'usine Ford Aquitaine Industrie (FAI)de Blanquefort et interpellent la direction de Ford Europe - Photo : Sebastien Ortola — S. ORTOLA / 20 MINUTES

ECONOMIE

Gironde: Tous les syndicats de l’usine Ford inquiets pour l’avenir du site qui emploie 950 personnes

Les syndicats de l’usine Ford Aquitaine Industrie (FAI) soupçonnent la direction de vouloir se désinvestir progressivement du site blanquefortais, avant une fermeture du site d’ici 2018…

La CGT n’est plus le seul syndicat à monter au créneau pour s’inquiéter de l’avenir du site de Ford Aquitaine Industrie (FAI) de Blanquefort, qui emploie 950 personnes. La CFE-CGC, la CFTC et FO signent avec elle, en ce début janvier, un courrier adressé aux pouvoirs publics, priés de faire pression sur Ford Europe afin d’obtenir la création d’un comité de suivi qui œuvrerait à des solutions alternatives à une fermeture du site, redoutée par les syndicats. L’usine produit principalement des boîtes automatiques et des doubles embrayages.

Ce mardi s’est tenu un comité d’entreprise extraordinaire afin de tirer la sonnette d’alarme auprès de la direction locale. Si Ford Europe, décisionnaire sur la stratégie à long terme de l’usine, ne leur adresse pas de réponse sur l’avenir du site d’ici le 23 janvier, les syndicats envisagent d’organiser une action d’ici la fin du mois.

Ils aimeraient que les pouvoirs publics fassent pression sur Ford Europe qui s’est engagé auprès d’eux en mai 2013 pour la préservation des emplois sur le site. Pour rappel, depuis 2011, Ford, qui fait des bénéfices par ailleurs, a touché environ 46 millions d’euros d’aides publiques (aides à la formation, aides à l’investissement, exonération de cotisations sociales, crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi, etc.).

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Pas de nouvelle production à l’horizon

« Nous avons deux ans de production programmés mais après officiellement il n’y a plus rien. Tout porte à croire que Ford ne fait pas d’effort pour la survie du site », explique Philippe Poutou, de la CGT-Ford.

Or, dans son courrier, l’intersyndicale souligne que « Ford a le marché et les capacités financières de faire de cette usine un centre d’excellence des transmissions automatiques en Europe comme annoncé et promis en juillet 2016 ».

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L’usine FAI est déjà en sous-activité, assure l’ex-candidat NPA à la présidentielle de 2012, tous les ans les volumes produits sont à la baisse. Cela fait deux ans que la direction promet une nouvelle activité et les salariés ne voient rien venir… Les syndicats soupçonnent Ford Europe de se diriger vers une fermeture « en douceur », en baissant progressivement le volume d’activité.

Leur attente d’une nouvelle production est d’autant plus pressante qu’ils savent qu’il faut environ deux ans pour la développer concrètement sur le site. « Il faudrait qu’une décision soit prise dans les deux à trois mois, précise Philippe Poutou. Car, pour installer une nouvelle production c’est long dans l’industrie : il faut de nouvelles machines, des essais, former le personnel, etc. »

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L’usine voisine autonomisée

En 2011, le même problème était apparu et il y avait eu un recours au chômage partiel. Philippe Poutou espère que ce ne sera pas le cas cette fois-ci mais estime qu’il y a urgence. « Il commence à y avoir des inquiétudes même au sein de l’encadrement et de la direction locale car Ford ne donne pas d’informations, souligne Philippe Poutou. On était seuls avant mais maintenant on est sur la même longueur d’onde ».

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Un autre élément vient renforcer leur inquiétude : le traitement thermique dévolu à l’usine FAI depuis 40 ans, dans le cadre d’une collaboration avec l’usine voisine GFT, est en passe de lui échapper complètement. Celle-ci s’est équipée d’un deuxième four et a changé ses modes de fabrication pour ne plus avoir besoin, à terme, de recourir à FAI.

Si pour l’instant cette usine GFT, qui emploie 800 personnes, a moins de raisons de s’inquiéter, elle pourrait se trouver menacer à terme, selon les syndicats, sans l’activité de sa voisine FAI.

Sollicitée par 20 Minutes, la direction de Ford n’a pas encore répondu à notre demande.