Armes de l'ETA: Les cinq personnes mises en examen

JUSTICE Un militant écologiste, un syndicaliste agricole, un viticulteur et deux journalistes ont été arrêtés en possession d’armes de l’ETA...

E.P. avec AFP

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Les 5 personnes interpellées ont été transférées vers Paris en avion.
Les 5 personnes interpellées ont été transférées vers Paris en avion. — Bob Edme/AP/SIPA

Arrêtés en possession d’un stock d’armes de l’ETA, qu’ils jurent avoir voulu neutraliser dans un geste symbolique pour la paix, cinq membres de la société civile basque ont été mis en examen mardi par un juge antiterroriste.

Déférés après 96 heures de garde à vue, la durée prévue pour les affaires terroristes, Jean-Noël Etcheverry, dit Txetx, dirigeant du mouvement écologiste Bizi !, Michel Berhocoirigoin, ancien président de la Chambre d’agriculture alternative du Pays Basque, Michel Bergougnian, coopérateur viticole, la journaliste Béatrice Haran-Molle et un caméraman, Stéphane Etchegaray, ont tous été laissés libres sous contrôle judiciaire, a annoncé le parquet de Paris.

Ils ont été mis en examen pour port, transport et détention d’armes, de munitions et de produits explosifs, en relation avec une entreprise terroriste.

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Les cinq personnes avaient été arrêtées vendredi soir, à proximité et à l’intérieur de la propriété de la journaliste, à Louhossoa, près de Bayonne, lors d’une opération franco-espagnole d’envergure en présence des policiers du Raid et des services antiterroristes. Les policiers ont saisi 29 armes de poing, neuf fusils d’assaut, 12 pistolets-mitrailleurs, deux roquettes, des chargeurs, des munitions, des détonateurs et des produits explosifs.

Les personnes disent avoir voulu détruire les armes

Les défenseurs des cinq personnes arrêtées dénoncent une opération politique contre une initiative de paix, en affirmant qu’elles comptaient neutraliser ces armes pour les remettre symboliquement aux autorités.

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L’opération, menée par les policiers du Raid, a au contraire été présentée par Paris et Madrid comme « un coup » porté à l’organisation séparatiste basque, qui avait annoncé avoir renoncé à la violence en octobre 2011 mais n’a pas remis ses armes et refuse de se dissoudre.

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Des élus de tous bords et la LDH ont apporté leur soutien aux interpellés, tandis que quelques milliers de personnes ont manifesté en leur faveur samedi à Bayonne.

ETA, née en 1959 dans la lutte contre la dictature franquiste, a commis des attentats ayant causé la mort de 829 personnes, selon les autorités espagnoles et françaises.